Le débat sur les statistiques ethniques refait surface

Les propos de Robert Ménard sur les statistiques ethniques à Béziers ont relancé le débat sur cette question. Les explications de France 2

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FRANCE 2

Robert Ménard a été entendu mercredi 6 mai par la police judiciaire. Une enquête préliminaire est ouverte pour tenue illégale de fichiers en raison de l'origine ethnique, mais sa déclaration du lundi 4 mai a relancé le débat sur les statistiques ethniques.

En 2009, alors maire d'Évry, Manuel Valls assurait être favorable aux statistiques ethniques. "Il faut une véritable photographie de la réalité ethnique. Je relancerai l'idée d'une loi sur les statistiques ethniques", expliquait l'actuel Premier ministre.
Compter pour établir une réalité, sortir de l'aveuglement et éviter les discriminations, voilà les arguments défendus par les partisans de ces statistiques. "Comment on peut s'attaquer à un problème dont on ne connait pas l'ampleur ?" s'interroge Patrick Lozès, fondateur du Conseil représentatif des associations noires de France, au micro de France 2. "On a besoin de chiffres."

Une question de principe

Certains chercheurs y sont aussi favorables pour s'inspirer de ce qui a été fait sur les inégalités homme-femme. "Quand on écrit 'l'écart de salaire entre les hommes et les femmes', on pourrait faire exactement la même chose entre les Noirs et les Blancs", explique Patrick Simon, chercheur à l'Institut national d'études démographiques.

Ces arguments ne convainquent pas les opposants, notamment Christiane Taubira, qui évoque une question de principe. "Où l'on s'arrête ?" s'interroge Bruno Le Roux, président du groupe PS à l'Assemblée nationale. Pour François Hollande, ces statistiques sont "inutiles".

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Le maire de Béziers, Robert Menard, lors de son premier conseil municipal, le 4 avril 2014, à Béziers (Hérault).
Le maire de Béziers, Robert Menard, lors de son premier conseil municipal, le 4 avril 2014, à Béziers (Hérault). (SYLVAIN THOMAS / AFP)