Radicalisation : Nadia Remadna, fondatrice de la Brigade des mères, se dit "pessimiste pour certains quartiers"

Le Premier ministre Edouard Philippe dévoile vendredi son plan national de prévention de la radicalisation. Nadia Remadna, fondatrice de la Brigade des mères, constate et déplore une forte adhésion à la "radicalisation" dans les quartiers  de Sevran

Nadia Remadna, fondatrice de la Brigade des mères à Sevran, en Seine-Saint-Denis.
Nadia Remadna, fondatrice de la Brigade des mères à Sevran, en Seine-Saint-Denis. (YOAN VALAT / EPA)

Alors que le Premier ministre dévoile vendredi 23 février 2018 son "plan national de prévention de la radicalisation", Nadia Remadna, fondatrice de la Brigade des mères à Sevran, en Seine-Saint-Denis et s'est dite "pessimiste pour certains quartiers" vendredi 23 février sur franceinfo.

"Je suis très pessimiste parce que je vois la réalité du terrain, je parle avec les gens, a expliqué Nadia Remadna. Je vois des filles que j'ai connues quand elles avaient 15-16 ans, elles ont aujourd'hui 23 ans, elles sont déjà mamans et voilées de la tête au pied", a décrit la fondatrice de la Brigade des mères. "Je vois aussi des garçons qui ne font plus la bise à leurs copines. Il n'y a plus de mariages mixtes dans les quartiers, on sépare les hommes et les femmes", a-t-elle énuméré.

Prevenir la "radicalisation" dans les "quartiers"

Depuis juin 2014, la Brigade des mères intervient à Sevran pour tenter de "prévenir la radicalisation" des jeunes. "On essaie de mettre les valeurs de la République dans les quartiers et se rapproprier l'espace public", a expliqué Nadia Remadna. Or, selon elle, "on a l'impression que dans certains quartiers, une grande majorité [des habitants] adhère à cette radicalisation."

Pour Nadia Remadna, "la formation des imams", pour laquelle le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb s'est dit favorable à une intervention de l'État dans leur sélection, n'est pas une solution. "On a répondu à la radicalisation par la religion, et je pense que c'est une grande erreur", a-t-elle estimé. "Il faut" plutôt, indique-t-elle, "former les médiateurs, les éducateurs, les psychologues, la police", et mettre en place "un accompagnement" et "un lieu d'écoute pour les parents".