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C'est l'histoire d'un "sale mec" qui enflamme UMP et PS

"Le Parisien" prête mercredi cette insulte à François Hollande désignant Nicolas Sarkozy. Les autres journalistes présents ne démentent pas. L'UMP s'enflamme, François Hollande parle de "polémique organisée".

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Francois Hollande, le candidat socialiste à la présidentielle, à Paris le 3 janvier 2012. (FRED DUFOUR / AFP)

L'invective est glissée dans les colonnes du Parisien (article payant), mercredi 4 janvier, au détour d'une phrase : François Hollande aurait qualifié Nicolas Sarkozy de "sale mec" auprès de journalistes. Rapidement, l'UMP s'est engouffrée dans la brèche, condamnant ce "dérapage inacceptable" et exigeant du candidat PS à la présidentielle des excuses publiques. La polémique est lancée alors que l'interprétation des propos de François Hollande diffère selon les journalistes présents. 

• Les faits

Mardi 3 janvier, le député de Corrèze a convié quelques journalistes à déjeuner pour évoquer la campagne électorale. Au cours de la discussion "off", c'est-à-dire non officielle, il s'est mis à la place du président de la République se présentant devant les Français pour expliquer qu'il se représentait : "Je suis le président de l'échec, je suis un sale mec, mais dans cette période difficile, je suis le seul capable, j'ai le courage..." "Il va se présenter comme le capitaine courage recherchant l'impopularité", aurait ajouté François Hollande. Une version corroborée par l'AFP.

• L'UMP s'insurge, Hollande parle de déformation

Cette sortie présumée du candidat PS à la présidentielle a aussitôt été reprise par l'UMP. Après le conseil des ministres de mercredi matin, Nadine Morano, la ministre chargée de l'Apprentissage, a notamment dénoncé des "propos intolérables" et demandé "des excuses publiques."

FTVi / Valérie Astruc et Alain Dubat - France 2

(VALERIE ASTRUC et ALAIN DUBAT - FRANCE 2)

Pour Franck Riester, député de Seine-et-Marne et secrétaire national de l'UMP en charge de la communication, "cette attitude est méprisante pour la démocratie, pour nos institutions, et porte gravement atteinte à la dignité de la fonction présidentielle".

Bruno Beschizza, secrétaire national de l'UMP, n'hésite pas, quant à lui, à qualifier François Hollande de "candidat de la vulgarité".

En marge d'un déplacement à Pessac, près de Bordeaux (Gironde), François Hollande a haussé le ton : "Ça suffit les polémiques qui sont organisées chaque jour, déformant des propos dont les journalistes confirment eux-mêmes qu'ils n'ont pas été tenus." "Ce que j'ai à dire de Nicolas Sarkozy, je le dis publiquement, directement, avec mes mots et sans intermédiaire", a précisé le candidat socialiste.

• L'interprétation remise en question

Dans son article, Le Parisien parle d'insulte, mais d'autres journalistes présents au moment de cette déclaration, n'en livrent pas la même interprétation. Comme Thomas Legrand, journaliste pour France Inter. Selon lui, François Hollande imitait le chef de l'Etat et "on ne peut pas dire qu'il a traité Nicolas Sarkozy de 'sale mec'."

(INTERVIEW DE GUILLAUME DARET - FRANCE 2)

Un avis partagé par Sylvie Pierre-Brossolette du Point ou encore Alexandre Kara pour Europe1, qui parle, lui, de propos sortis de leur contexte. Face à l'impact de son article, le journaliste du Parisien Matthieu Croissandeau s'est justifié. Selon lui, "le candidat socialiste n’a donc pas officiellement traité le chef de l’Etat de 'sale mec'. Mais le choix de ce qualificatif pour appuyer son raisonnement en dit long sur l’estime qu’il porte à son adversaire."

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