Le démantèlement de la "Jungle" de Calais débutera lundi matin

Le démantèlement de la "Jungle" de Calais doit commencer lundi 24 octobre, à 8 heures. Plus de 7 000 migrants seront évacués en trois jours, davantage si nécessaire.

La \"Jungle\" de Calais avant son démantèlement prévu par les autorités.
La "Jungle" de Calais avant son démantèlement prévu par les autorités. (SADAK SOUICI/WOSTOK PRESS / MAXPPP)

C'est à 8 heures, lundi 24 octobre, que débutera le démantèlement de la "Jungle" de Calais. En début de semaine, plus de 7 000 migrants quitteront les lieux pour rejoindre les centres d'accueil et d'orientation (CAO) répartis sur tout le territoire. Le tout en l'espace de trois jours, plus si nécessaire.

Comment va se dérouler le démantèlement ?

Les autorités ont loué un hangar de 3 000 m² pour accueillir les migrants de la "Jungle". "Nous l'avons organisé comme une gare routière", explique Fabienne Buccio, préfète du Pas-de-Calais.

Les migrants s'y présenteront sur le mode du volontariat et seront répartis en quatre files distinctes : une pour les majeurs qui pourront partir en groupe s'ils le souhaitent, une deuxième pour les personnes vulnérables, une troisième pour les familles et enfin une quatrième pour les mineurs isolés étrangers qui resteront quelques jours à Calais.

Deux destinations seront proposées aux migrants. En fonction de la région choisie, un bracelet de couleur leur sera remis. Ils seront ensuite accueillis par la sécurité civile dans une deuxième salle où seront dressées six tentes de 50 places chacune. Dès qu'une tente sera pleine, un bus viendra récupérer ses occupants.

Soixante bus partiront le premier jour, 45 les deux jours suivants, puis autant que nécessaire les jours suivants. Le dispositif a été calibré pour 7 000 migrants.

Ces bus prendront la direction des centres d'accueil et d'orientation (CAO) répartis dans tout l'Hexagone, excepté l'Île-de-France et la Corse. C'est une fois installés dans ces CAO que les migrants pourront faire leur demande d'asile.

Quel dispositif pour les mineurs isolés ?

Les 1 300 mineurs isolés répertoriés dans la "Jungle" devraient bénéficier d'un accompagnement spécifique. Après être passés par le système de files, ils auront un entretien avec des représentants du Home Office, le département du gouvernement britannique en charge de l'immigration, et du ministère français de l'Intérieur. Ensuite, "ils seront conduits au centre d'accueil provisoire [le village des containers à Calais] où ils seront mis à l'abri un temps qui pourra varier d'une à deux semaines", selon Fabienne Buccio. 

Fabienne Buccio, préfète du Pas-de-Calais : un dispositif spécifique pour les mineurs isolés.
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Pour l'heure, seuls 70 mineurs ont pu rejoindre leur famille en Grande-Bretagne.

Quelle procédure pour les migrants qui ne voudront pas partir ?

Les forces de l'ordre interpelleront tous les migrants qui souhaitent absolument passer en Angleterre et refuseront donc de se rendre dans les CAO. Les réfractaires seront envoyés en centre de rétention.

La crainte des affrontements

1 250 policiers et gendarmes sont mobilisés pour encadrer cette opération de grande envergure. Selon les autorités, 200 activistes "No Border" susceptibles de s'opposer au démantèlement seraient revenus s'installer dans la "Jungle" ces dernières semaines. Pour éviter tout débordement, un commissariat mobile a été mis en place. 

Nous avons institué une zone d'accès réglementée de manière à ce que ne puissent être sur le camp que les personnes qui ont l'autorisation d'y êtreFabienne Buccio, préfète du Pas-de-Calais

Fabienne Buccio, préfète du Pas-de-Calais : "Nous avons institué une zone d'accès réglementée"
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Et après ?

L'objectif des autorités est clair : il s'agit de rayer définitivement la "Jungle" de Calais de la carte. Dès mardi 25 octobre, quarante agents d'une entreprise de nettoyage se lanceront dans le démontage des abris et la démolition du bidonville. Impossible pour l'instant de savoir comment les autorités s'y prendront pour empêcher une nouvelle "Jungle" de se reformer.

Les associations, quant à elle, redoutent que les migrants déterminés à rejoindre l'Angleterre, ne se dispersent dans le Calaisis et créent des squats en plusieurs points de la région.