Amnesty dénonce "des agressions" par les forces de l'ordre sur des militants qui aident les migrants à Calais et Grande-Synthe

Après deux ans d'enquête, Amnesty International publie un rapport mercredi mettant en cause le traitement subi par les associations prises pour cible par les autorités.

Des migrants installés sur un terrain vague proche de la \"jungle\" de Calais (Pas-de-Calais)
Des migrants installés sur un terrain vague proche de la "jungle" de Calais (Pas-de-Calais) (FRANCOIS CORTADE / FRANCE-BLEU NORD)

Ils sont de simples bénévoles, des membres d'associations locales ou encore des particuliers. Amnesty les appelle les "défenseurs". Et selon l'ONG, ils seraient victimes de harcèlement quotidien par les autorités. La raison ? Ils apportent de l'aide aux migrants à Calais ou Grande-Synthe (Hauts-de-France). C'est ce que révèle un rapport d'Amnesty International rendu mercredi 5 juin après deux ans d'enquête dans la région.

"Cela se traduit concrètement par des contrôles d’identité à répétition, explique Katia Roux, chargée de plaidoyer liberté à Amnesty International, des amendes à répétition sur les véhicules des associations pour stationnement gênant ou encore pour des pneus pas assez gonflés."

Mais Amnesty International affirme que ces pressions vont parfois plus loin : "On a pu aussi documenter un certain nombre d’arrestations ou de menaces d’arrestations à l’encontre des défenseurs de migrants". L'ONG a constaté dans ce rapport "plusieurs cas de bénévoles associatifs qui sont poursuivis soit pour diffamation soit pour outrage et violences". 

D’autres 'défenseurs' ont fait l’objet de violences physiques de la part des forces de l’ordre.Katia Roux, chargée de plaidoyer liberté à Amnesty Internationalà franceinfo

Amnesty International estime qu'il s'agit de techniques, afin de dissuader de rendre public d'éventuels abus de la police. La préfecture du Pas-de-Calais, contactée par franceinfo, évoque "des témoignages anciens et sans preuves tangibles". Selon le préfet Fabien Sudry, "l'action des associations n'est nullement empêchée".