Calais : les accords du Touquet en péril ?

La crise migratoire pourrait-elle remettre en cause le traité de 2003 entre la France et le Royaume-Uni sur les contrôles frontaliers ?

En 2003, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, signait les accords du Touquet avec son homologue britannique. Mais aujourd'hui, avec la crise migratoire, il dénonce le traité, comme une bonne partie de la droite. "Ce n'est pas en France que nous devons instruire les dossiers d'autorisation pour entrer en Angleterre", a exprimé le leader des Républicains. "La question des migrants, c'est un problème que nous gérons pour les Anglais, et à la place des Anglais", estime Xavier Bertrand. Et pour Alain Juppé, "il n'est pas défendable que cela se passe sur le sol français".

Un déséquilibre flagrant

Les accords sur les contrôles frontaliers ont permis à des agents britanniques de s'installer en 2003 à Dunkerque, Calais et Boulogne-sur-Mer. C'est l'inverse à Douvres en Angleterre. Mais avec la crise migratoire, l'accord devient déséquilibré, comme si la frontière britannique était maintenant en France. François Hollande ne compte pas dénoncer cette situation, car "le Royaume-Uni paye une contribution financière significative". Mais pour le journaliste John Henly, du Guardian, la fin des accords et donc des contrôles risque "d'attirer de plus en plus de réfugiés sur les côtes de la Manche".

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Nicolas Sarkozy, lors d\'un meeting au Touquet (Pas-de-Calais) pendant le campus d\'été des jeunes républicains, le 27 août 2016.
Nicolas Sarkozy, lors d'un meeting au Touquet (Pas-de-Calais) pendant le campus d'été des jeunes républicains, le 27 août 2016. (DENIS CHARLET / AFP)