En Guadeloupe, la ministre des Outre-mer Yaël Braun-Pivet appelle à "regarder en face" l'histoire de l'esclavage

Lors d'une cérémonie de commémoration de l'abolition définitive de l'esclavage dans l'archipel, la ministre a promis d'installer un mémorial dédié aux victimes à Paris.

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La ministre des Outre-mer Yaël Braun-Pivet lors d'une cérémonie de commémoration de l'abolition de l'esclavage en Guadeloupe, le 27 mai 2022. (AMANDINE ASCENSIO / AFP)

"L'esclavage est un crime contre l'humanité perpétré durant des siècles". En visite en Guadeloupe, vendredi 27 mai, la ministre des Outre-Mer Yaël Braun-Pivet a appelé à "regarder en face" l'histoire de l'esclavage. Lors d'une cérémonie de commémoration au Fort Delgrès, la ministre a énuméré les "blessures" endurées par les Africains, déportés dans les bateaux négriers.

La "mémoire partagée" est un "remède" contre les discriminations ou le racisme, "ce remède porte un nom, la réconciliation", a-t-elle insisté, en renouvelant la promesse de l'installation à Paris d'un mémorial dédié aux victimes de l'esclavage.

Une "commémoration coloniale"

Louis Delgrès, officier antillais de l'armée française s'était rebellé avec des centaines d'hommes contre le rétablissement de l'esclavage dans les colonies, souhaité par le Premier Consul Napoléon Bonaparte. Le 28 mai 1802, ils avaient choisi le suicide plutôt que la reddition et un retour aux fers. Des décennies plus tard, le 27 mai 1848, l'esclavage était une nouvelle fois aboli en Guadeloupe, cette fois définitivement.

Dans un communiqué, le LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon, "Collectif contre l'exploitation outrancière") a fustigé le choix de ce lieu pour ce qu'il a appelé une "commémoration coloniale" tenue "sous la haute autorité d'un esclavagiste", le fort abritant la tombe du général Richepanse, venu rétablir l'esclavage en Guadeloupe.

Dans un communiqué, le parti socialiste guadeloupéen a souligné que cette visite intervenait "en pleine période de réserve imposée aux ministres" pour cause de campagne des législatives et n'était possible "qu'en lien avec ce temps mémoriel". Cela ne saurait "faire oublier que la ministre vient également en appui aux candidats de la majorité présidentielle", a-t-il relevé.

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