Uber s'apprête à limiter le temps de travail de ses chauffeurs

A partir de lundi, la plateforme obligera ses conducteurs à arrêter de travailler au bout de 10 heures de course. Ils devront prendre une pause minimum de six heures avant de reprendre le volant.

Illustration de l\'application de VTC Uber. 
Illustration de l'application de VTC Uber.  (PIERRE GAUTHERON / HANS LUCAS / AFP)

Dix heures de travail, pas plus. Dès lundi, la plateforme de VTC Uber demandera à ses chauffeurs de ne pas travailler plus de 10 heures d'affilée, rapporte Le Parisien, vendredi 2 mars. Cette décision fait suite à près de deux mois d'expérimentation auprès d'environ 100 chauffeurs utilisant l'application. 

"Suite aux retours positifs du programme pilote de limitation des heures de conduite, nous lançons cette fonctionnalité pour l’ensemble des chauffeurs utilisant l’application Uber" dès lundi, a annoncé ainsi la société américaine, rapporte le journal.

La sécurité de nos clients, passagers comme chauffeurs, est notre priorité, et nous sommes convaincus que cet outil permettra d’agir pour davantage de sécurité sur la route.Uber

Concrètement, l'application se déconnectera automatiquement pour chaque chauffeur ayant dépassé les dix heures maximales de temps de travail autorisé. Dès cette mise hors-ligne, le conducteur en question devra attendre au minimum six heures avant de pouvoir se reconnecter, explique Le Parisien

"Ils réduisent le temps de travail sans garantir le prix des courses"

Si certains chauffeurs voient cette évolution d'un bon œil, d'autres s'inquiètent des possibles conséquences financières d'un tel geste. "Ils réduisent le temps de travail sans garantir le prix des courses", s'insurge ainsi Fabian Tossolini de la section VTC de la CFDT, interrogé par Le Parisien. "C’est une provocation de plus d’Uber qui impose seule une décision sans demander leur avis aux chauffeurs."

Le journal s'interroge également sur l'efficacité d'une telle mesure. Les chauffeurs Uber pourraient, à l'issue de leurs dix heures de travail, se connecter sur d'autres plateformes de VTC et poursuivre leurs courses. A moins que les autres applications suivent l'exemple donné par Uber, et limitent elles aussi le temps de travail de leurs collaborateurs ?