Crise entre les VTC et leurs plateformes : "On constate une paupérisation de l'ensemble des acteurs"

Une réunion entre les plateformes de VTC et les syndicats de chauffeurs se tient lundi aux secrétariat d'Etat aux Transports. Pour Thierry Guicherd, porte-parole de l'association Taxis de France, on constate "une paupérisation de l'ensemble des acteurs".

Une manifestation de chauffeurs VTC, à Paris le 15 décembre 2016.
Une manifestation de chauffeurs VTC, à Paris le 15 décembre 2016. (ALAIN JOCARD / AFP)

Alors qu'une réunion entre les plateformes de VTC et les syndicats de chauffeurs se tient lundi 19 décembre au secrétariat d'Etat aux Transports, Thierry Guicherd, porte-parole de l'association Taxis de France, déclare lundi sur franceinfo qu'il "n'est pas surpris". Pour Thierry Guicherd, "certains politiques complices et des entrepreneurs, qui ont gagné de l'argent, ont mis ces gens-là dans une grande précarité".

franceinfo : Est-ce que ce conflit vous surprend ?

Thierry Guicherd : Non, pas du tout. Nous arrivons à la situation que nous avions prédite dès l'arrivée de ces plateformes. Nous savions que les conditions d'exercice de travail de leurs collaborateurs allaient être durcies. Il faut rappeler qu'il n'y a pas de salariés chez Uber et donc ces gens-là touchent du doigt la finalité de ces multinationales. À savoir, prendre le maximum d'argent et les jeter le plus possible dans la précarité. Uber a fait une politique de dumping salarial sur le transport de personnes puisqu'il n'avait pas les mêmes charges que les taxis. On constate une paupérisation de l'ensemble des acteurs.

Le secteur des VTC est pourtant un secteur florissant avec plus de 14 000 créations d'emplois sur un an. Il continue à attirer.

14 000 créations d'emplois ? Sortez-moi un bulletin de salaire. Il n'y a pas un bulletin de salaire sur les 14 000 que vous annoncez. Il y a 14 000 précaires qui ont été pris dans les banlieues pour être jetés en pâture dans des voitures qu'ils louent fort cher. Avec les crédits à la fin du mois, ces gens-là sont dans des situations encore plus précaires qu'avant. On s'est moqué d'eux et aujourd'hui, ces gens-là s'en rendent compte. Certains politiques complices et des entrepreneurs, qui ont gagné de l'argent, ont mis ces personnes dans une grande précarité. Ils vont récolter ce qu'ils ont semé, c'est-à-dire la colère. Et on n'est pas à la fin des surprises concernant ces 14 000 personnes, voire plus.

La proposition de loi Grandguillaume, qui encadre les plateformes de VTC, est examinée en seconde lecture lundi à l'Assemblée. Ne va-t-elle pas un peu rééquilibrer tout cela ?

Les lois c'est bien de les faire surtout quand elles ont été faites dans la concertation, après il s'agit de les faire appliquer. Si on continue à un je-m'en-foutisme généralisé de l'Etat, on aura une situation très difficile car les lois existent, les encadrements existent et pour autant ils ne sont pas respectés. Normalement, un exercice de taxi suppose une licence et, aujourd'hui, Uber distribue des courses en immédiat, cela n'est pas admis par la réglementation. Il y a des pays où Uber a été sommé de se mettre en conformité avec la législation et ce n'est pas le cas en France.