Agression pendant la grève des taxis : "Sept à huit personnes tentaient d'ouvrir les portières de force"

Un client de la société Uber raconte comment le véhicule dans lequel il circulait a été pris pour cible par des manifestants. Deux autres chauffeurs d'une autre société ont été agressés.

Manifestation des chauffeurs de taxis, le 13 janvier 2014 à Paris. 
Manifestation des chauffeurs de taxis, le 13 janvier 2014 à Paris.  (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

La tension est montée d'un cran, lundi 13 janvier. Un véhicule de la société Uber, un des leaders du transport de tourisme avec chauffeur à Paris, a été pris pour cible lors de la manifestation des chauffeurs de taxi. Ils défilent à Paris pour dénoncer les voitures de tourisme avec chauffeur (VTC) et les motos-taxis, qui leur font, selon eux, une concurrence déloyale

Une autre entreprise de VTC, Chauffeur-Privé, a également annoncé dans l'après-midi que deux de ses chauffeurs avaient été agressés, l'un près de la gare Montparnasse, l'autre à l'aéroport d'Orly.

Renaud Visage était à bord du véhicule de la société Uber avec son amie et raconte l'agression à francetv info : "Au niveau du premier barrage filtrant, des manifestants ont aspergé le véhicule de colle ou de peinture et brisé une vitre. Mon amie a été légèrement coupée aux mains. Au deuxième barrage, un des pneus a été crevé alors que sept à huit personnes tentaient d'ouvrir les portières de force. L'un d'eux nous a craché dessus par la fenêtre.

Une agression qu'il a trouvée particulièrement choquante à 8 heures du matin. Ironie de l'histoire, le couple avait choisi d'utiliser les services d'Uber en raison du mouvement de grève et des manifestations de taxis annoncées. "Nous revenions des Philippines, une zone plus dangereuse, et pourtant, c'est à la descente d'avion en France que nous avons eu le plus peur." Le couple a reçu dans la matinée un message d'excuses de la direction du groupe Uber pour la gêne occasionnée. 

Un peu plus tôt, l'amie de Renaud Visage avait rapporté l'incident sur Twitter. "Je viens d'être agressée dans une voiture Uber par des taxis en grève près d'un aéroport parisien : vitres brisées, pneu crevé, véhicule vandalisé et mains en sang", expliquait-elle dans un premier tweet. Dans un second, elle ajoutait que "les agresseurs ont tenté de pénétrer dans le véhicule mais notre courageux chauffeur a réussi à nous sortir de là".

Contactée par Le Figaro, la société Uber a confirmé que cet incident avait bien eu lieu. 

Jets de pierres sur les taxis non grévistes

Les VTC ne semblent pas être les seules cibles des manifestants. Selon un journaliste du Parisien, des chauffeurs de taxi ont également jeté des pierres sur ceux qui ne faisaient pas grève et circulaient sur les autres voies.

Plusieurs centaines de taxis se sont rassemblés lundi matin aux aéroports de Roissy et d'Orly. Outre les VTC, en pleine croissance actuellement, les manifestants dénoncent le relèvement de la TVA sur les transports de 7% à 10%. Ils réclament aussi une "négociation nationale" sur les conditions tarifaires du transport des malades, en partie exploité par les taxis.