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Désaccords et noms d'oiseaux : l'université d'été des écologistes commence fort

Réunis à Poitiers, les responsables d'Europe Ecologie-Les Verts vont tenter de se mettre d'accord sur le traité budgétaire européen et l'avenir du parti. 

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France Télévisions
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L'université d'été d'Europe Ecologie-Les Verts s'ouvre le 22 août 2012 à Poitiers (Vienne). Et les désaccords se font déjà sentir.  (BERTRAND GUAY / AFP)

POLITIQUE - Sale ambiance à Poitiers (Vienne), alors que s'ouvre, mercredi 22 août, l'université d'été d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV). La veille, déjà, les écologistes, qui se retrouvent pour trois jours de débats, se sont écharpés sur plusieurs dossiers chauds. 

Le traité budgétaire européen pose problème

A peine arrivés, déjà divisés. La journaliste de France Inter, Marion Lagardère, rapporte une altercation entre l'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit et le coprésident du groupe EELV à l'Assemblée, François de Rugy. Les deux élus se "sont traités de tous les noms (…) dans les rues de Poitiers, vers 22 heures". Objet de la discorde ? La tenue d'un référendum sur le traité budgétaire européen. Le premier s'y oppose nettement alors que le second soutient l'idée, proposée par Eva Joly dans Libération (article abonnés). Pour l'ancienne candidate à la présidentielle, "le traité qu'on nous propose de voter est le traité 'Merkozy'".

Le moins qu'on puisse dire, c'est que le sujet divise le parti. Invité des "Quatre vérités" sur France 2, mardi matin, Daniel Cohn-Bendit a attaqué fort,accusant François de Rugy et Jean-Vincent Placé, opposés au traité et partisans du référendum, de "vouloir le beurre et l'argent du beurre"

Sur France Inter, l'eurodéputé va encore plus loin et regrette les positions d'Eva Joly, "très proches du Front de gauche". Selon lui, l'idée de référendum "n'a aucun sens". Et tacle : "Elle a qu'à faire sur l'euro un référendum en Norvège." Mais pour Eva Joly, pas question de se débiner. Elle espère tirer son épingle du jeu des divisions : "Pendant les journées d'été d'EELV, je vais lancer un club ouvert à tous ceux qui partagent les idées que j'ai défendues pendant la campagne", annonce-t-elle dans Libération.

"Il y a du boulot pour tout le monde"

Ces petites querelles laissent surtout entrevoir un débat plus large : avec deux ministres écologistes au gouvernement, Cécile Duflot et Pascal Canfin, Europe Ecologie-Les Verts va-t-il perdre son âme ? En d'autres termes : "Jusqu'où ira la solidarité gouvernementale et parlementaire alors que dès cet été les premières fissures sont apparues sur le dossier rom ?", se demande Le Parisien dans son édition du 22 août. L'équilibre semble difficile à trouver pour les écologistes, qui cherchent encore la réponse à la question. 

Encore une fois, l'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit joue les trouble-fêtes : "Nous n'avons pas encore trouvé la clé pour être à la fois dans la société et au gouvernement", estime-t-il dans Le Parisien. José Bové, lui, s'en inquiète moins : "Ce n'est pas contradictoire. Il y a du boulot pour tout le monde." Interrogée par RTL, Eva Joly renchérit : "Chacun son rôle, nous avons des ministres pour gouverner et un parti pour animer des débats publics." 

Pour mettre un peu d'ordre dans ce concert d'avis divergents, une table ronde est prévue vendredi. Son nom : "Des écologistes au pouvoir, pour quoi faire ?" Ça promet. 

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