Eboulement en Maurienne : "Le trafic transalpin est en état d'urgence absolue", alerte le maire de Chamonix-Mont-Blanc Eric Fournier

L'éboulement qui s'est produit dimanche dernier en vallée de Maurienne, en Savoie, cause de grosses perturbations du trafic ferroviaire et du trafic routier. "Il est absolument impératif de prendre les mesures d'investissements sur le report modal et sur le ferroviaire avec le Lyon-Turin", estime le maire de Chamonix-Mont-Blanc.
Article rédigé par France Info
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Un éboulement s'est produit le 27 août 2023 sur la commune du Freney en Savoie. (CORENTIN WAHU. / FRANCE BLEU PAYS DE SAVOIE)

"Le trafic transalpin est en état d'urgence absolue", a affirmé mercredi 30 août sur franceinfo Eric Fournier, maire de Chamonix-Mont-Blanc, en Savoie et président de la Communauté de communes de la Vallée de Chamonix après l'éboulement dimanche 27 août de rochers en vallée de Maurienne, en Savoie, qui a entraîné une suspension du trafic ferroviaire et reporté des poids lourds sur un axe majeur entre la France et l'Italie du Nord.

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Avec la fermeture du tunnel du Fréjus aux poids lourds et celle, prévue, du tunnel du Mont-Blanc pour rénovation annoncée, Eric Fournier juge la situation "très inquiétante". "Un nouveau tunnel, il le faut", martèle le maire de Chamonix. Il juge qu'il est "absolument impératif de prendre les mesures d'investissements sur le report modal et sur le ferroviaire avec le Lyon-Turin".

franceinfo : Quelles sont les conséquences pour le trafic routier ?

Eric Fournier : Cela a des conséquences importantes. On peut dire que le trafic transalpin est en état d'urgence absolue. On a d'un côté l'axe de la Maurienne qui vient de subir [l'éboulement] et cette fermeture. Et on a de l'autre côté un itinéraire du tunnel du Mont-Blanc qui a des temps d'attente qui avoisinent les trois heures, qui doit normalement fermer lundi 4 septembre pour rénovation lourde, parce qu'on est sur un tunnel de 1965 qui doit être rénové. Donc on a un tunnel fermé par accident et un tunnel qui devrait fermer.

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Tout cela montre à quel point notre transport transalpin est complètement en urgence. Il est absolument impératif de prendre les mesures d'investissements sur le report modal et sur le ferroviaire avec le Lyon-Turin. C'est ce qu'on attend depuis des années. Mais le signal qui vient encore une fois d'être donné est terriblement mauvais sur le plan environnemental, parce que trois heures de bouchons avec des centaines et des centaines de camions qui sont stockés le long de la voie et qui accélèrent, redémarrent, s'arrêtent, c'est terrible. Et puis sur le plan économique, pour la logistique de nos entreprises, c'est vraiment terrible. Donc il est urgent de prendre les décisions qui s'imposent sur le report modal.

En temps normal, le trafic est compliqué voire saturé ?

C'est déjà saturé. On l'a vu tout l'été. On a deux tunnels, un qui est le Mont-Blanc, l'autre le Fréjus. Et sinon, il faut aller chercher sur la partie sud de la France, à Vintimille, un passage important pour le trafic transalpin. Donc actuellement, on n'en a plus que deux sur trois, dont un qui est en pointillé puisqu'il aurait dû fermer normalement lundi 4 septembre pour trois mois. Mais je pense qu'une date va nous être annoncée, probablement mercredi 30 août, de report des travaux. C'est vraiment une situation très inquiétante que les populations locales ont du mal à admettre. Parce que cela fait 50 ans qu'on sait que ça peut tomber. Nous, ça fait quand même 50 ans qu'on sait qu'il faut un nouveau tunnel ferroviaire. Donc il est peut-être un tout petit peu temps maintenant de prendre les mesures qui s'imposent, comme l'on fait par exemple nos voisins suisses. On ne passe pas les Alpes n'importe comment. Et il faut des tunnels pour le ferroviaire.

Est-ce que la ligne Lyon-Turin changerait les choses ?

C'est un million de poids lourds que l'on peut reporter sur le rail à l'horizon de l'ouverture de la ligne. Et maintenant, ce n'est plus un projet le Lyon-Turin. Il y a quand même douze kilomètres ou treize kilomètres qui sont creusés, c'est-à-dire qu'il y a une longueur de creusement de tunnel réalisée qui est supérieure à celle du tunnel du Mont-Blanc. Ce n'est plus un projet, c'est un acte. Si nous, on ne fait pas les accès d'une manière cohérente, côté français, c'est absolument dramatique. Donc dimensionnons les accès d'une manière suffisante pour pouvoir faire en sorte qu'on ait un million de poids lourds par an qui ne circule plus sur nos routes. Je pense aux Mauriennais, je pense également aux Savoyards, aux Haut-Savoyards, à l'ensemble des vallées qui sont concernées dans les Alpes.

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