Des fausses pistes à l'arrestation... Les grandes dates de l'affaire Dupont de Ligonnès

A maintes reprises, des signalements sont parvenus aux enquêteurs dont les milliers de procès verbaux rédigés n'ont pas permis de dire s'il était mort ou vivant, s'il avait pu organiser sa fuite ou s'il s'était suicidé.

Un document administratif sur Xavier Dupont de Ligonnès à Nantes, le 23 avril 2011.
Un document administratif sur Xavier Dupont de Ligonnès à Nantes, le 23 avril 2011. (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

[Correctif. Contrairement à ce qui avait été annoncé vendredi 11 octobre dans la soirée, l’homme arrêté à l’aéroport de Glasgow, en Ecosse (Royaume-Uni), n’est pas le Français Xavier Dupont de Ligonnès. Les résultats des analyses ADN et de la comparaison des empreintes digitales sont négatifs. Les informations rapportées dans l'article ci-dessous ne sont pas à jour.]

Coup de théâtre dans l'une des plus mystérieuses énigmes criminelles des dernières décennies. Après huit ans de cavale, Xavier Dupont de Ligonnès, soupçonné d'avoir tué sa femme et ses quatre enfants en 2011 à Nantes, a été arrêté vendredi 11 octobre à l'aéroport de Glasgow, en provenance de Roissy-Charles-de-Gaulle. Il voyageait sous une fausse identité. Voici le rappel des principales étapes de cette affaire.

Début avril 2011 : cinq membres de la famille sont tués

Le 1er avril 2011, Xavier Dupont de Ligonnès achète dans plusieurs magasins du ciment, une bêche et une houe et, le lendemain, quatre sacs de 10 kg de chaux. La nuit du 3 au 4 avril est la date probable du décès de la mère, Agnès, et des enfants Benoît, 13 ans, Anne, 16 ans et Arthur, 21 ans, selon le parquet de Nantes. Le 5, Thomas,18 ans, rentre à Nantes dans la soirée à la demande de son père. Il est probablement tué cette nuit-là.

Le 11 avril, le collège des deux benjamins de la famille et l'employeur de l'épouse reçoivent des courriers expliquant leur absence par une mutation en Australie. Neuf proches reçoivent un courrier expliquant le départ soudain de toute la famille pour les Etats-Unis par la double vie d'agent secret qu'aurait eu Xavier Dupont de Ligonnès.

Le 13 avril sont passés de premiers appels à la police nantaise, émanant de voisins de la famille inquiets.

Le 15 avril 2011 : Xavier Dupont de Ligonnès est vu pour la dernière fois dans le Var

Le 15 avril, après une nuit passée au Formule 1 de Roquebrune-sur-Argens (Var), Dupont de Ligonnès est vu pour la dernière fois par un témoin, s'éloignant à pieds avec un sac sur le dos. C'est sur le parking d'un supermarché low-cost, situé face à l'établissement, qu'il abandonne la Citroën C5 familiale.

A Roquebrune-sur-Argens, des premières fouilles sont effectuées par le groupe d'investigation cynophile de la gendarmerie, des plongeurs, des spécialistes du secours en montagne, des CRS. Près de 130 hommes battent la campagne et la forêt proches de l'hôtel Formule 1 de Roquebrune-sur-Argens, sans résultat.

Le 21 avril 2011 : les corps sont découverts

Le 19, une enquête est ouverte pour disparition inquiétante de l'ensemble de la famille. Le 21, les enquêteurs découvrent les cinq corps d'Agnès et de ses quatre enfants tués par balle enroulés dans des draps et de la chaux sous la terrasse de la maison familiale.

Le 22, les autopsies révèlent une "exécution méthodique", avec chacun au moins deux balles tirées en pleine tête. Le 26, une marche blanche d'hommage aux victimes réunit 450 personnes à Nantes, deux jours avant les obsèques.

Le 10 mai : un mandat d'arrêt international est émis

Le 10 mai, un mandat d'arrêt international est émis contre Xavier Dupont de Ligonnès. Du 23 au 28 juin, des fouilles sont organisées dans une quarantaine de cavités autour de Roquebrune-sur-Argens (Var), puis dans les environs avec une centaine de CRS, d'enquêteurs de la police judiciaire de Toulon, de sapeurs-pompiers et quatre équipes cynophiles.

Le 26 juillet, une centaine de policiers dans toute la France procèdent à une quinzaine de perquisitions et 25 auditions libres parmi les proches parents et amis de Xavier Dupont de Ligonnès. Sans résultat.

Avril 2015 : des ossements sont découverts à Fréjus

En avril 2015, des ossements sont découverts près de Fréjus (Var), non loin du dernier endroit où a été vu le père de famille. Ces ossements humains s'avèreront ne pas être les siens.

En juillet, est envoyé au bureau de l'AFP à Nantes un courrier, daté du 11, et signé "XAVIER Dupont de Ligonnès". Le 29 juillet, au terme des expertises, la police juge que ce message énigmatique - "Je suis toujours vivant", puis en minuscule "de là jusqu'à cette heure (sic)" - au dos d'une photo de deux de ses fils, ne permettent pas d'identifier Ligonnès.

Le 23 mars 2016, un fonctionnaire de police est condamné à 3.000 euros d'amende pour avoir divulgué en 2012 des documents sur l'affaire. En janvier 2018, la police intervient, sans succès, dans un monastère de Roquebrune-sur-Argens où des fidèles pensaient avoir reconnu Xavier Dupont de Ligonnès.

Le 11 octobre 2019 : "XDL" est arrêté

Vendredi 11 octobre, les enquêteurs français reçoivent, en début d'après-midi, et via l'agence Europol, une information de leurs homologues écossais selon laquelle un homme pouvant être Xavier Dupont de Ligonnès va  monter dans un avion pour Glasgow, depuis l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.

Les policiers n'ont pas le temps d'arrêter l'individu à Roissy et formulent une demande d'arrestation à leurs collègues britanniques. A son arrivée à Glasgow, l'homme est interpellé et contrôlé, et selon la police écossaise, ses empreintes correspondent bien à celles de Xavier Dupont de Ligonnès, aujourd'hui âgé de 58 ans. Des analyses ADN pour confirmer cette identité sont en cours.