Une jeune femme des sapeurs-pompiers de Paris accuse l'un de ses supérieurs de viol

La brigade des sapeurs-pompiers de Paris est secouée par une accusation de viol. Une jeune femme a porté plainte contre un caporal.

Une voiture des sapeurs-pompiers de Paris (illustration)
Une voiture des sapeurs-pompiers de Paris (illustration) (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

Une jeune femme recrutée chez les sapeurs-pompiers de Paris en juin 2016 accuse un gradé de l'avoir violée le 18 août 2016, a appris franceinfo, samedi 28 juillet, confirmant une information du journal Le Monde. Alizée, dont le prénom a été changé, a porté plainte le 3 octobre 2017 pour des faits de "viol commis par une personne abusant de l'autorité que lui confère sa fonction", en l'occurrence un caporal des sapeurs-pompiers.

Frank Berton, l'avocat d'Alizée, a écrit une lettre de rappel au procureur de la République de Créteil, que franceinfo a pu consulter. Il déclare qu'il y a "urgence à ce qu'une réponse judiciaire soit apportée à cette série de faits dénoncés par sa cliente" il y a déjà plus de neuf mois.

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Dans cette lettre de rappel, il détaille la gravité des faits et les circonstances de ce viol. Le caporal a "plaqué Alizée contre le mur" puis a pratiqué des attouchements. Ensuite, "l'agresseur a maintenu" la victime "pour empêcher toute résistance" et lui imposer une pénétration digitale. "Pétrifiée par la peur, ma cliente n'a pas trouvé les moyens d'appeler au secours", précise maître Berton.

Des brimades, humiliations et des faits de harcèlement moral et sexuel

Dans ce courrier, on apprend également qu'Alizée a subi des brimades et des humiliations, mais a aussi été victime de harcèlement moral et sexuel, selon son avocat. "Cela faisait presque partie d'un rite", a expliqué le général Gallet, patron de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), au journal Le Monde. "C'est là où c'est pervers. C'est de la bêtise qui humilie, qui avilit et ça n'est pas acceptable" a-t-il dénoncé.

Alizée n'a pu aller au bout de sa formation. Poussée par sa hiérarchie à consulter un psychiatre, elle a été classée P5, inapte à exercer en tout milieu militaire et de fonction publique.

En mars dernier, une autre jeune femme pompier de Paris a porté plainte pour agressions sexuelles, commises par deux de ses supérieurs hiérarchiques, qu'elle accuse d'attouchements et d'avoir tenté de l'embrasser par surprise.

"Tolérance zéro" de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris

Face aux accusations de viol d'Alizée, la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) assure que "les pompiers concernés ont été immédiatement sanctionnés en interne. Bien entendu, la BSPP offre sa pleine et entière coopération avec les enquêteurs et la Justice". La brigade ajoute qu'elle condamne "avec la plus grande fermeté toutes déviances contraires à ses valeurs, son éthique et son engagement quotidien" et "prône la tolérance zéro".

Pour lutter contre ce type de faits "la BSPP a mis en place un cours de sensibilisation sur le harcèlement sexuel et moral, ainsi que les risques encourus. Cette sensibilisation est pilotée par le chef de la section médico-psychologique qui répond également à toutes les questions".

La brigade des sapeurs-pompiers "dispose d’un dispositif de soutien adapté pour détecter et soutenir toutes victimes d’harcèlement sexuel ou moral dans ses murs. Cette chaine de soutien facilite la remontée d’informations, la vigilance et l’accompagnement de toute victime".

Dans une interview accordée au journal Le Monde, le général Gallet qui dirige la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, rappelle que les "femmes ne représentent que 3% des effectifs de la brigade qui compte pas moins de 8 500 membres". "Je suis convaincu que si suffisamment de femmes accèdent à des postes de responsabilité, 90 % des problèmes de harcèlement, d’humiliation seront traités", a-t-il ajouté.