Tuerie au Musée juif : Mehdi Nemmouche "pas opposé" à son extradition vers la Belgique

Le Français, suspect numéro 1, a été arrêté vendredi à Marseille, en possession d'une kalachnikov. Depuis, il refuse de parler aux enquêteurs.

Portrait de Mehdi Nemmouche, principal suspect dans la tuerie du Musée juif de Bruxelles (Belgique).
Portrait de Mehdi Nemmouche, principal suspect dans la tuerie du Musée juif de Bruxelles (Belgique). ( AFP / PHOTONONSTOP)

Mehdi Nemmouche est-il l'auteur de la tuerie au Musée juif de Bruxelles ? Si oui, a-t-il agi seul et planifiait-il d'autres crimes ? Le suspect numéro 1 dans cette affaire est toujours en garde à vue, lundi 2 juin. Son interrogatoire se déroule dans "des conditions exigeantes", explique le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. "Nous voulons tout savoir et nous voulons tout comprendre parce que c'est la bonne manière d'éviter que de tels actes se reproduisent."

Le suspect toujours muet

Depuis son arrestation, vendredi à Marseille (Bouches-du-Rhône), il est silencieux. Mehdi Nemmouche ne s'est toujours pas expliqué sur les éléments "qui sont aujourd'hui à charge" et "jusqu'à preuve du contraire, il reste présumé innocent", rappelle son avocat, Apolin Pepiezep, sur BFMTV. Le défenseur n'exclut pas que, "le moment venu", l'homme, âgé de 29 ans, dise comment "il a fait pour se procurer des armes et à quelles conditions", et "s'il a été l'auteur de ces attentats ou pas". "Il ne s'exprime ni sur la religion, ni sur le radicalisme. Il a choisi de ne pas s'exprimer pour l'instant", ajoute l'avocat.

En garde à vue jusqu'à mardi midi

La garde à vue de Mehdi Nemmouche, notamment pour assassinat, tentative d'assassinat, port, transport et détention d'armes, peut durer jusqu'à mardi 12h30 et peut légalement être prolongée de 48 heures, selon François Mollins. Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, considère le jeune homme, arrêté avec un revolver, une kalachnikov et de nombreuses munitions, comme "extrêmement dangereux". "Il est probable qu'il aurait continué à agir", précise le ministre, ce qui justifierait la prolongation de sa garde à vue.

En l'absence d'éléments circonstanciés laissant penser qu'il comptait de nouveau passer à l'acte, les enquêteurs ne devraient pas retenir le motif de "menace imminente" et la garde à vue ne devrait pas dépasser mardi.

Pas d'opposition à son extradition "en principe"

L'avocat de Mehdi Nemmouche, Me Apolin Pepiezep, a indiqué à l'AFP que son client était d'accord pour être extradé vers la Belgique. "Je viens d'en parler avec lui. En principe, il ne s'y oppose pas. Je ne peux pas trop m'avancer, il peut changer d'avis", a déclaré l'avocat en fin d'après-midi, lundi, précisant que Mehdi Nemmouche refusait toujours de parler aux enquêteurs.

Des expertises et des perquisitions en cours

Les enquêteurs semblent persuadés que Mehdi Nemmouche est bien l'homme qui a tué trois personnes et en a blessé une quatrième, toujours entre la vie et la mort, le 24 mai au Musée juif de la capitale belge. Dans une vidéo retrouvée dans son appareil photo, on voit en effet les armes saisies sur lui, tandis qu'une voix, semblable à celle du suspect, déclare "avoir commis l'attentat contre les juifs et vouloir mettre Bruxelles à feu et à sang".

L'expertise balistique permettant d'avoir la certitude que les armes saisies sont bien celles utilisées par le tueur sera effectuée en Belgique. Par ailleurs, deux perquisitions ont eu lieu dimanche après-midi à Tourcoing (Nord) aux domiciles de la grand-mère et d'une des tantes de Mehdi Nemmouche. D'autres perquisitions se sont également déroulées de l'autre côté de la frontière belge, à Courtrai.