Le détenu Bilal Taghi condamné à 28 ans de réclusion pour le premier attentat jihadiste en prison, commis en 2016

La réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans, avait été requise.

Bilal Taghi, lors de son procès devant la cour d\'assises de Paris, le 19 novembre 2019. 
Bilal Taghi, lors de son procès devant la cour d'assises de Paris, le 19 novembre 2019.  (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

Le détenu jihadiste Bilal Taghi, qui avait tenté d'assassiner deux surveillants de la prison d'Osny (Val-d'Oise) en 2016, a été condamné par la cour d'assises spéciale de Paris, vendredi 22 novembre, à 28 ans de réclusion criminelle assortis d'une période de sûreté des deux tiers. Cette attaque, violente et déterminée, au cœur même d'une "unité dédiée" à la déradicalisation islamiste où l'accusé purgeait une peine de cinq ans après un départ avorté en Syrie, est considérée comme le premier attentat jihadiste en prison.

Dans la matinée, l'avocat général avait requis la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans. Il appelait à sanctionner l'"engagement irrémédiable dans une idéologie radicale" d'un homme qui "n'a cessé de mentir". "Ce qui s'est passé à Osny nous rappelle que la dissimulation fait partie de l'art du jihad", a-t-il asséné, rappelant que l'accusé s'était vanté d'avoir berné la pénitentiaire qui ne le croyait pas dangereux. Estimant que le jihadiste a agi seul –ce qui "est une fierté pour lui"–, le magistrat a demandé l'acquittement pour l'infraction "d'association de malfaiteurs terroriste".

Il a demandé pardon aux victimes

A l'audience, face à ses anciens surveillants qu'il avait tenté de tuer, Bilal Taghi a tenté, mardi, de formuler des excuses, secoué de sanglots. Vendredi, ses derniers mots ont été pour ses victimes à qui il a demandé "pardon". Jeudi, à nouveau en larmes, il avait salué le "cours d'humanité" adressé par l'une de ses victimes, comme "une claque dans la gueule".  

Bilal Taghi assure aujourd'hui avoir renoncé à l'idéologie du groupe Etat islamique. "Je pense que tout n'est pas perdu", lui avait lancé l'un des surveillants, Philippe X., le ramenant "au sens qu'il voulait donner à sa vie", pour ses enfants.