Non, la préfecture du Bas-Rhin n'a pas annoncé l'attentat à Strasbourg sur Twitter avant qu'il n'ait vraiment eu lieu

Des photos circulent sur les réseaux sociaux indiquant un horaire apparemment incohérent du tweet de la préfecture du Bas-Rhin annonçant l'attaque. 

Le préfet de la région Grand Est et du Bas-Rhin a fait état, le 11 décembre 2018 à 20h47, d\'un incident en cours à Strasbourg. Mais certains internautes ont vu l\'horaire \"11h47\" sur leurs comptes Twitter. 
Le préfet de la région Grand Est et du Bas-Rhin a fait état, le 11 décembre 2018 à 20h47, d'un incident en cours à Strasbourg. Mais certains internautes ont vu l'horaire "11h47" sur leurs comptes Twitter.  (CAPTURE D'ÉCRAN / TWITTER)

La théorie du complot a rapidement émergé sur les réseaux sociaux, mardi 11 décembre, après l'attentat de Strasbourg"L'Etat a tout organisé", dénonce ainsi un internaute sur un groupe dédié aux "gilets jaunes", capture d'écran de BFMTV à l'appui. Sur cette image apparaît un tweet de la préfecture du Bas-Rhin évoquant l'événement et apparemment daté de 11h47, soit plusieurs heures avant la fusillade. Rien à voir en réalité avec une annonce prémonitoire : ce décalage s'explique par un simple problème de paramétrage de fuseau horaire sur Twitter.  

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Par défaut, lors de la création d'un compte sur le réseau social, le fuseau horaire est réglé sur celui de la côte ouest des Etats-Unis, où se trouve le siège de l'entreprise, soit à neuf heures de décalage avec la France métropolitaine. Un tweet apparemment daté de mardi à 11h47 avec cette configuration a donc bien été envoyé à 20h47 de l'Hexagone. Pour résoudre ce problème, il suffit de se rendre dans l'onglet "Paramètres et confidentialité", puis de changer le fuseau horaire à l'heure de Paris. 

Flambée de théories complotistes 

Ce problème de paramétrage a provoqué un déferlement de théories complotistes sur les réseaux sociaux, y compris sur des pages de "gilets jaunes". Une attaque terroriste qui "tombe bien" pour Emmanuel Macron, qui vise à "détourner l'attention des Français", qui cherche à "empêcher l'acte 5"... Face à la flambée de ces remarques, plusieurs modérateurs d'importants groupes Facebook de "gilets jaunes" ont annoncé qu'ils préféraient fermer temporairement la modération et empêcher toute publication dans le groupe, comme le relève L'Obs. Une intiative saluée par de très nombreux "gilets jaunes" se désolidarisant totalement des messages complotistes qu'ils avaient pu voir passer.

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