Le syndicat Snuipp-FSU regrette que la rentrée scolaire ne soit finalement pas reportée à mardi et dénonce le "désordre dans l'Éducation nationale"

Guylaine David, co-secrétaire générale et porte-parole du Snuipp-FSU, réagit à la décision du gouvernement de maintenir la rentrée lundi à 8 heures.

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Radio France
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Dans enfants en classe de CE2 en France le 13 octobre 2020.  (MYRIAM TIRLER / HANS LUCAS)

"On nous annonce des problèmes de sécurité mais il y avait moyen de s'en prémunir en reportant tout simplement la rentrée des classes à mardi. Le ministre n'a pas voulu nous entendre sur ce point-là et ce qui règne à deux jours de cette rentrée c'est le plus grand désordre dans l'Éducation nationale", regrette samedi 31 octobre sur franceinfo Guylaine David, co-secrétaire générale et porte-parole du Snuipp-FSU, le syndicat majoritaire chez les enseignants du premier degré.

La décision ministérielle est prise en raison du contexte sécuritaire pour éviter les attroupements d'élèves devant les établissements scolaires. L'hommage à Samuel Paty se manifestera par une minute de silence dans chaque classe. Quant au temps pédagogique autour de la liberté d'expression, il n'est plus imposé pour le lundi 2 novembre mais pourra se faire, au choix, dans la semaine ou dans le mois.

franceinfo : la rentrée de ce lundi était prévue à 10 heures mais elle a finalement été ramenée à 8 heures, pourquoi ce changement ?

Guylaine David : Les familles, les collectivités locales et les enseignants s'étaient organisés pour que cette rentrée se fasse à 10 heures et pour qu'on puisse se réunir en équipe pour parler de cet hommage et pour préparer cet hommage que nous devons à Samuel Paty. Mais une fois de plus, le ministre a décidé au dernier moment de changer les choses. On nous annonce des problèmes de sécurité mais il y avait moyen de s'en prémunir en reportant tout simplement la rentrée des classes à mardi et en laissant les enseignants préparer lundi l'hommage et la rentrée scolaire avec le protocole et tout ce que ça va engager. Le ministre n'a pas voulu nous entendre sur ce point-là et ce qui règne à deux jours de cette rentrée c'est le plus grand désordre dans l'Éducation nationale et c'est bien dommage pour les élèves, les familles et les enseignants.

Comment va s'organiser cet hommage à Samuel Paty ? Est-ce que vous avez des détails ?

Il est ramené au strict minimum et ce n'est vraiment pas ce que les enseignants attendaient. Nous avions besoin de lui rendre hommage. Nous avions réussi avec l'ensemble des organisations syndicales et le ministère à organiser un protocole dans cette matinée qui devait se dérouler en trois temps et qui permettait d'avoir une discussion entre adultes, entre enseignants et d'avoir à la fois la préparation d'une séquence pédagogique puis cette minute de silence. Là, on va réduire ce temps-là à la minute de silence et ce n'est pas suffisant. Les enseignants sont frustrés. Il y a une grande inquiétude et une grande colère vis-à-vis de ce que fait le ministère.

Est-ce que c'est une bonne chose d'avoir maintenu les écoles ouvertes malgré le confinement ?

Oui, c'est une bonne chose. Nous devons garder les écoles ouvertes parce que les enfants doivent continuer à aller à l'école. Pendant la période du premier confinement ça a été très compliqué pour les élèves et les familles. Les enfants doivent être à l'école pour apprendre. On ne peut pas faire 'l'école à la maison', ce n'est pas l'école. C'est donc important de garder les écoles ouvertes mais dans les meilleures conditions sanitaires. Nous avons donc demandé au ministre de renforcer ces conditions sanitaires. Pour nous, ce protocole il n'est pas assez renforcé et il va mettre en danger à la fois les élèves, les personnels et les familles.

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