Stéphane Poussier, ex-candidat La France insoumise, déféré au parquet mardi après un tweet où il se réjouit de la mort du lieutenant-colonel Beltrame

L'ex-candidat de la France insoumise aux législatives, Stéphane Poussier sera déféré mardi au parquet de Lisieux (Calvados) pour apologie du terrorisme après s'être réjoui sur Twitter de la mort du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame lors des attaques terroristes de l'Aude, selon France Bleu Normandie.

La gendarmerie de Carcassonne, le 24 mars, où les habitants viennent rendre hommage au lieutenant-colonel Beltrame.
La gendarmerie de Carcassonne, le 24 mars, où les habitants viennent rendre hommage au lieutenant-colonel Beltrame. (MAXPPP)

Stéphane Poussier, qui se félicitait dans un tweet de la mort du gendarme Arnaud Beltrame, sera déféré mardi dans la matinée au parquet de Lisieux pour "apologie du terrorisme" après que sa garde à vue a été prolongée, rapporte lundi 26 mars France Bleu Normandie. Il avait été interpellé dimanche 25 mars à 11h30 à son domicile de Dives-sur-Mer dans le Calvados, a appris franceinfo de source proche du dossier.

L'ancien candidat aux législatives pour la France insoumise avait écrit sur Twitter : "À chaque fois qu'un gendarme se fait buter, et c'est pas tous les jours, je pense à mon ami Rémi Fraisse [jeune militant écologiste mort sur le site du barrage de Sivens en octobre 2014], là c'est un colonel, quel pied ! Accessoirement, un électeur de Macron en moins."

Son avocate Floriane Gabriel indique que, durant sa garde à vue, Stéphane Poussier a contesté l'infraction d'apologie du terrorisme. "Il a exprimé une opinion, mais n'apporte à aucun moment son soutien à un acte de terrorisme quel qu'il soit. Même s'il prend conscience que ça a pu être maladroit", a-t-elle déclaré à France Bleu Normandie.

Condamnation unanime

Ces propos de Stéphane Poussier ont suscité l'indignation et fait l'objet d'une condamnation unanime, notamment dans les rangs de la France insoumise. Le syndicat Unité SGP Police-FO a condamné fermement samedi soir ces propos. Le syndicat dénonce "une salve de tweets ignobles se félicitant de sa mort". Après l'annonce de l'arrestation de l'ancien candidat aux législatives, le secrétaire général du syndicat, Yves Lefebvre, s'est "félicité" dimanche sur franceinfo du placement en garde à vue de Stéphane Poussier et de la "réactivité" de l'État. "Ce n'est ni plus ni moins qu'un appel au meurtre, et je vais même plus loin, pour moi, c'est un acte de terrorisme qu'il a commis dans ces écrits", a ajouté le syndicaliste. "On n'a pas le droit, quand la France est en profond recueillement, de tenir de tels propos." 

Le parti de la France insoumise s'est également désolidarisé de Stéphane Poussier. "Les propos honteux et abjects de Stéphane Poussier n'ont rien à voir avec la France insoumise. Nous les condamnons fermement. Nous avons immédiatement retiré cette personne de la plate-forme de la France insoumise", peut-on lire dans un tweet du parti dirigé par Jean-Luc Mélenchon.

Dimanche en fin de matinée, le compte Twitter de Stéphane Poussier sur lequel les propos polémiques avaient été publiés n'apparaissait plus. En fin de journée, Jean-Luc Mélenchon s'est exprimé via son compte Twitter en stipulant que son parti, la France Insoumise, portera plainte, lundi 26 mars, contre son ancien candidat Stéphane Poussier : "Lundi la France Insoumise veut porter plainte pour apologie du terrorisme contre Stéphane Poussier".