VIDEO. "Continuons de vivre dans notre démocratie avec nos véritables valeurs", exhorte la mère d'Arnaud Beltrame un an après sa mort

Nicolle Beltrame évoque le souvenir de son fils sur franceinfo samedi, un an après les attaques terroristes de Carcassonne et de Trèbes, dans l'Aude. 

Nicolle Beltrame.
Nicolle Beltrame. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Il y a un an, le 23 mars 2018, quatre personnes sont tuées dans les attaques terroristes de Trèbes et de Carcassonne. Parmi elle, le lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame, qui a pris la place d'une otage dans le supermarché Super-U de Trèbes. Un an après, sa mère Nicolle Beltrame, publie C’était mon fils, un livre dans lequel elle évoque le souvenir de son fils. "Continuons de vivre dans notre démocratie avec nos véritables valeurs", a-t-elle déclaré sur franceinfo samedi 23 mars. 

franceinfo : Où avez-vous trouvé la force d'avancer pendant ces douze derniers mois ?  

Nicolle Beltrame : Cette force, je l'ai depuis toujours. Comme Arnaud, je suis une combattante, une amoureuse de la vie, des belles choses, une amoureuse des humains extraordinaire, du positif, toujours. Il ne faut pas se retourner, avancer et voir le bon côté des choses et se battre parce que c'est le sort de tout un chacun. Tous les jours il faut combattre. Il y a les maladies, la mort, les échecs, et les joies et les peines. Tout ce qui fait un humain.

Vous décrivez toutes les cérémonies qui ont eu lieu après sa mort. N'avez-vous pas eu l'impression d'être privée de votre propre peine ?  

Non, ce sont deux choses différentes. Arnaud est le héros de la Nation, mais moi je suis sa mère. Il me manque cruellement, mais comme je rebondis toujours je me dis que j'ai eu de la chance d'avoir quelqu'un d'extraordinaire qui a vécu 44 ans et qui est mort de par ses choix. Il a choisi de combattre, d'aller à l'assaut de ce terroriste, il avait choisi d'être vainqueur. Malheureusement, la mort l'a rattrapé.  

Un an après sa mort, êtes-vous en colère, en voulez-vous à quelqu'un ?

Absolument pas. Je n'ai pas de haine, pas de colère, je suis bienveillante et de toute façon, les choses étant ce qu'elles sont, ce ne serait pas grandir Arnaud que d'avoir de telles réactions.  

Malgré tout vous aimeriez des réponses. Sur quoi ?  

Je veux surtout que cela serve. Arnaud n'est plus là et il faut que son combat, ce qu'il était, ce qu'il a donné à la France puisse servir s'il y a eu des choses qui n'ont pas été faites comme il fallait, mais je ne suis pas là pour juger. Soyons vigilants, ne soyons pas naïfs et continuons de vivre dans notre démocratie avec nos véritables valeurs.