Sécurité : en France, les anciens truands sont mieux protégés que les témoins

Après le témoignage de la femme qui a permis d'arrêter Abdelhamid Abaaoud, Clément Weill-Reynal se penche sur la question de la protection des témoins.

FRANCE 3

Sonia (NDLR : le prénom a été modifié) est la femme dont le témoignage a permis d'arrêter Abdelhamid Abaaoud, l'un des principaux auteurs des attaques du 13 novembre. La femme anonyme a également fait part, ce 4 février, du manque de protection qu'elle ressent.

"En France, les témoins ne sont pas très bien protégés", note Clément Weill-Reynal, qui explique que la loi prévoit deux types de protection. Premier cas : un témoin qui craint des représailles peut se domicilier au commissariat. Deuxième cas : dans les affaires les plus graves, un témoin peut exceptionnellement témoigner anonymement. "Mais après le procès, on est un peu dans le bricolage. On peut bien sûr accorder à ce témoin une protection policière momentanée. Mais sur le long terme, rien n'est prévu", poursuit le journaliste de France 3.

Une lacune bientôt corrigée

Depuis deux ans, la France a mis en place un système de changement d'identité pour les témoins - comme aux États-Unis - mais "il est réservé à ce qu'on appelle des 'repentis', c'est-à-dire les anciens truands ou les ex-terroristes qui ont aidé à l'arrestation de leurs comparses". "Vous voyez le paradoxe : on protège mieux les mafieux repentis que les honnêtes gens qui viennent aider la justice", ajoute Clément Weill-Reynal.

Cette lacune a été constatée par le législateur. "La prochaine réforme de la procédure pénale, qui doit intervenir prochainement, prévoit toute une série de mesures dont le changement d'identité pour ces témoins sensibles. Mais c'est réservé aux affaires exceptionnelles", conclut le reporter.

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Un symbole de la justice sur le frontispice du tribunal de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), le 16 avril 2015.
Un symbole de la justice sur le frontispice du tribunal de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), le 16 avril 2015. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)