Procès des attentats du 13-Novembre : un policier de la BAC raconte son intervention au Bataclan

Michel, un des premiers policiers à avoir pénétré dans la salle de concert du Bataclan le 13 novembre 2015, témoigne au procès des attentats.

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Radio France
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Une plaque commémorative devant le Bataclan en hommage aux victimes des attaques du 13 novembre 2015.  (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

Le procès des attaques du 13 novembre 2015 à Paris se poursuit avec plusieurs temps forts mardi 19 octobre. À la barre parmi les victimes et parties civiles présentes au Bataclan le soir du drame, les premiers policiers qui ont pénétré dans la salle de concert pour porter assistance aux victimes et interrompre le parcours meurtrier des terroristes. Michel est l’un de ces policiers de la BAC qui est intervenu la nuit du 13 novembre 2015. 

Le soir des attentats, il répond présent quand l’un de ses supérieurs, commissaire, réclame leur soutien après avoir neutralisé l’un des terroristes du Bataclan.

"Il nous dit 'les gars il faut y aller, ils sont en train de tuer tout le monde, on ne sait pas où ils sont, on ne sait pas combien ils sont, il faut y aller."

Michel, policier de la BAC, à franceinfo

"On commence à progresser. Je suis en deuxième  position derrière le bouclier lourd. J'ai un gilet pare-balles lourd, un casque lourd, un fusil à pompe, un pistolet mitrailleur etc.", poursuit-il. "Le rythme est donné dès le début, des éclats de verre, des corps partout qui jonchent le sol, je prends quand même le temps d'envoyer un petit SMS à ma famille, 'je vous aime', au cas où, et quand je rentre il est 22h30."

Les premiers à pénétrer dans la salle de concert

Avant le gros des unités d’intervention, la BRI le RAID, Michel et ses collègues pénètrent les premiers dans la salle de concert. "Je pousse la porte battante, des corps au sol, des blessures par balles, des mares de sang... J'entends un petit gémissement à ma droite. Je tire le corps. C'était une femme qui avait enlacé un enfant dans ses bras avec un casque anti-bruit sur les oreilles. Ça m'a bloqué. C'est mon équipier qui le récupère, qui le met à côté de la colonne et qui le sort du bâtiment", explique-t-il.

Les derniers kamikazes se sont déjà enfermés avec des otages. La BAC vient au secours des blessés. "On commence à demande aux victimes de se lever. On se fait copieusement insulter par des personnes qui nous disent 'dépêchez vous ! qu'est-ce que vous foutez ?' Ils lèvent la main et au fur et à mesure on les prend en compte"détaille le policier.

"Je suis aussi réserviste de l'Armée de terre", précise Michel qui sait alors utiliser les bons gestes, "pansement compressif, garrot tourniquet", "pour pouvoir stopper les hémorragies en priorité. Je me retrouve à faire du tri. C'est la médecine de guerre", selon lui.

"Nous portons aussi notre Bataclan."

Michel, policier de la BAC, à franceinfo


Six ans après, ces policiers de la BAC comme Michel se disent ignorés du récit des attaques du 13 Novembre. "Nous portons aussi notre Bataclan, dit Michel. On en a besoin aussi, pour pouvoir passer nos démons parce que à un moment donné on passe pour des 'mythos'. Aujourd'hui le fait d'être reconnu déjà, ça montre qu'on était engagés, au péril de notre vie. Ce qu'on veut c'est rétablir la chronologie. On a besoin d'exister aussi et ça fait partie de notre reconstruction." 

Au total, ils seront 19 parties civiles de la BAC de nuit dans ce dossier. Quatre d’entre eux prendront la parole mardi 19 octobre pour raconter leur vécu de policier primo-intervenant au Bataclan.

13-Novembre : le témoignage d'un policier de la Bac, recueilli par Stéphane Pair
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