Attentats de Paris : la piste belge se précise

L'enquête s'oriente en grande partie vers la Belgique, où plusieurs arrestations ont eu lieu et où des assaillants résidaient.

Un policier lors d\'un contrôle à la frontière entre la France et la Belgique, le 14 novembre 2015.
Un policier lors d'un contrôle à la frontière entre la France et la Belgique, le 14 novembre 2015. (THIERRY THOREL / AFP)

Une instruction a été ouverte en Belgique, pour attentat terroriste et participation aux activités d'un groupe terroriste, au lendemain des attaques de Paris, a indiqué, samedi 14 novembre, le parquet fédéral belge. "Le parquet fédéral a été saisi (...) par le parquet de Paris de l'exécution de quatre demandes d'entraide judiciaire internationales en relation avec les attentats" commis vendredi soir, qui ont fait au moins 129 morts et 352 blessés, précise un communiqué.

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Voici les éléments connus sur la piste belge que suivent les enquêteurs.

Sept arrestations à Molenbeek

Dimanche, le parquet a précisé que sept personnes ont été interpellées en Belgique depuis samedi dans le cadre du volet belge de l'enquête. Parmi elles, un Français résidant en Belgique a été arrêté, dès samedi, en compagnie de deux autres personnes, à Molenbeek. Ces trois individus ne sont pas connus des services de renseignements français, avait expliqué le procureur de la République de Paris.

L'une des personnes arrêtées est Mohamed Abdeslam, frère du kamikaze du Comptoir Voltaire et d'un autre homme toujours recherché par les polices française et belge. Selon France 3, une autre personne interpellée est Mohamed Amri, propriétaire d'une voiture Golf saisie en Belgique.

Deux Français ayant résidé à Bruxelles parmi les assaillants tués

Deux Français ayant résidé à Bruxelles, dont l'un dans le quartier de Molenbeek, figurent parmi les auteurs des attentats meurtriers. Ils sont "décédés sur place", a annoncé, dimanche, le parquet fédéral belge. Dimanche, le parquet de Paris a confirmé que trois Français avaient été identifiés parmi les assaillants, dont deux résidaient en Belgique.

Les deux Français domiciliés en Belgique sont Bilal Hadfi, l'un des kamikazes du Stade de France, âgé de 20 ans, et Ibrahim Abdeslam, le kamikaze du Comptoir Voltaire, âgé de 31 ans.

Des voitures immatriculées en Belgique

"Deux voitures immatriculées en Belgique ont été retrouvées à Paris" par les enquêteurs français, "l'une à proximité du Bataclan et l'autre près du [cimetière parisien du] Père Lachaise [probablement à Montreuilune commune limitrophe de Paris], explique le parquet belge. L'enquête démontre que ces deux véhicules ont été loués en début de semaine dans la région bruxelloise." Le parquet de Paris avait indiqué, samedi, qu'il s'agissait d'une Seat noire et d'une Polo noire.

Une Golf a été saisie, samedi soir, lors des investigations à Molenbeek. Selon l'Obs, la Golf a franchi la frontière belge vers la France, samedi, vers 3 heures. "Une personne ayant loué un des véhicules impliqués a fait l'objet d'un contrôle à Cambrai [Nord], samedi, à 9h10, sur l'autoroute A2 en direction de la Belgique. La voiture contrôlée a ensuite été interceptée à Molenbeek-Saint-Jean, samedi, en fin d'après-midi", précise le parquet. La Golf pourrait "avoir été utilisée par trois individus pour revenir de France vers la Belgique", selon la RTBF.

Un homme recherché

La police française a diffusé, dimanche, un appel à témoin concernant un individu "susceptible d'être impliqué dans les attentats parisiens", Salah Abdeslam, également visé par un mandat d'arrêt international émis par la justice belge. Il est né le 15 septembre 1989.

Il serait l'homme qui a loué la Polo qui a été retrouvée près du Bataclan et la Seat abandonnée à Montreuil. Selon la RTBF, il est connu de la justice belge pour des "faits de petit banditisme". Son frère, qui a été interpellé samedi à Molenbeek, "est pour sa part connu des services de renseignement pour avoir tenté de se rendre en Syrie".

Molenbeek, foyer de l'islamisme radical

Des perquisitions ont été menées dans Molenbeek, l'une des 19 communes de Bruxelles, décrite comme un foyer de l'islamisme radical en Belgique. Mehdi Nemmouche, l’auteur de la tuerie du Musée juif de Bruxelles, en mai 2014, avait séjourné dans cette commune de la capitale. L’enquête qui avait suivi l’assaut contre la cellule terroriste de Verviers, en janvier 2015, avait aussi conduit vers cette municipalité. L'auteur de l'attaque du Thalys Amsterdam-Paris, Ayoub El-Khazzani, y avait par ailleurs séjourné, chez sa sœur, avant de prendre le train, en août.

La Belgique en alerte

Samedi soir, le gouvernement belge a décidé de porter le degré d'alerte de 2 à 3, soit le niveau maximum, pour les événements réunissant des foules importantes, comme les rencontres sportives ou les manifestations officielles. L'armée pourrait être appelée à intervenir en cas de nécessité pour renforcer la sécurité.

Les autorités avaient, dès samedi matin, renforcé les contrôles aux frontières terrestres, ainsi que dans les gares et aéroports. Elles avaient aussi appelé les ressortissants belges à ne pas se rendre à Paris ce week-end, relevé le niveau de vigilance et de sécurité lors de l'organisation d'événements locaux et accru la protection des intérêts français en Belgique.