Variole du singe

Résumé de la rubrique

La variole du singe, habituellement cantonnée à certaines régions d'Afrique, a fait son apparition en Europe et en Amérique du Nord. Un premier cas a été confirmé en France, vendredi 20 mai. Depuis deux semaines, plus d'une trentaine de cas ont été confirmés en Espagne, au Portugal, au Royaume-Uni, en Suède, au Canada et aux Etats-Unis, selon les autorités sanitaires des pays concernés.

L'orthopoxvirose simienne, dite "variole du singe" ("monkeypox", en anglais), est une zoonose virale rare, principalement observée dans les zones isolées du centre et de l'ouest de l'Afrique, à proximité des forêts tropicales humides, explique l'OMS. Elle a émergé à la suite de l'éradication mondiale de la variole en 1980 et l'arrêt de la vaccination antivariolique. Ce virus a été identifié pour la première fois chez l'homme en 1970 en République démocratique du Congo (RDC). Sa durée d'incubation varie, en général, de six à seize jours. Mais cela peut aller jusqu'à 21 jours.

La maladie se caractérise par des symptômes similaires à ceux provoqués par la variole autrefois. Mais elle est moins grave, assure l'OMS. Dans un premier temps, le patient infecté subit une fièvre, de forts maux de tête, des douleurs musculaires, une inflammation des ganglions lymphatiques caractéristique, des maux de dos et une grande fatigue. Puis des boutons apparaissent, d'abord sur le visage, puis dans les paumes des mains et sur les plantes des pieds. Les muqueuses buccales, les parties génitales et la cornée peuvent aussi être touchées par cette importante éruption cutanée. La disparition des symptômes prend, dans la majorité des cas, deux à trois semaines, explique l'Organisation mondiale de la santé.

La transmission interhumaine, elle, se produit principalement par les particules des gouttelettes respiratoires lors d'un contact face-à-face prolongé, ce qui expose les membres de la famille des cas évolutifs à un risque infectieux plus grand. Mais la contamination peut provenir de contacts étroits avec des lésions cutanées d'un sujet infecté ou d'objets, comme la literie, récemment contaminés par des liquides biologiques ou des matières provenant des lésions d'un patient, détaille l'OMS.

Il n'existe pas de traitement spécifique ni de vaccin préventif contre l'orthopoxvirose simienne. Le patient guérit en général spontanément avec l'aide de soins appropriés. Si la vaccination antivariolique était efficace pour prévenir la maladie à l'époque des campagnes vaccinales, le vaccin n'est plus disponible pour le grand public depuis l'arrêt de sa fabrication, rappelle l'OMS. Cependant, pour les patients ayant bénéficié de la vaccination antivariolique plus jeunes, l'évolution de la maladie est potentiellement plus bénigne.

Les cas graves sont liés à la durée de l'exposition au virus, à l'état de santé du patient avant la maladie ou à la gravité des complications induites. Le taux de létalité peut fortement varier (de 1 à 10%) et semble notamment lié à l'âge des patients, les jeunes enfants étant les plus sensibles face à ce virus.