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Attentat de Nice : le retard de l'application "alerte attentats" dû à des incidents techniques

Le 14 juillet, l'application a averti ses utilisateurs seulement trois heures après l'attaque de la promenade des Anglais.

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France Télévisions
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L'application "alerte attentat" SAIP, testée le jour de sa sortie, le 8 juin 2016. (MAXPPP)

Elle devait prévenir la population en cas de "crise majeure" liée au terrorisme : l'application SAIP (Système d'alerte et d'information des populations), commandée par le gouvernement, a été lancée le 8 juin, à l'occasion de l'Euro. Mais le 14 juillet, alors que le camion de Mohamed Lahouaiej Bouhlel a foncé sur la foule vers 22h30 à Nice, l'application n'a alerté ses utilisateurs qu'à 1h34. Le développeur de l'application, Deveryware, a été convoqué par le ministère de l'Intérieur dès le lendemain pour expliquer ce dysfonctionnement, et une nouvelle réunion a eu lieu jeudi 21 juillet. Mais le journal Le Monde dévoile déjà les raisons de cet échec.

Un problème d'hébergement survenu au pire moment

Deveryware a fait "un travail remarquable dans un délai très court", a concédé au journal Romain Pigenel, le directeur adjoint en charge du numérique au Service d’information du gouvernement. Le développeur n'a eu que deux mois pour créer son application.

Pour gagner du temps, il a, selon les sources du Monde, fait l'économie de ce qu'on appelle la redondance : le fait de dupliquer son service sur plusieurs serveurs, pour s'assurer qu'il fonctionne en cas de panne de l'un d'eux. Un seul hébergeur est retenu, la société Numergy, qui appartient à SFR. Celle-ci assure n'avoir appris qu'au moment du lancement qu'elle hébergeait une application d'alerte aux attentats : "nous les avons alors alertés immédiatement sur la nécessité de prévoir une solution de redondance (...) pour des services aussi sensibles", explique SFR au journal.

Une panne survient justement au pire moment : le 13 juillet, un cable de fibre optique est sectionné lors de travaux, provoquant une panne du serveur, et donc de l'application. Le problème est résolu avant la soirée du 14 juillet, mais Deveryware doit encore redemarrer son système. Un logiciel indique, à tort, que l'opération a réussi, et le développeur ne découvre qu'au moment d'envoyer son alerte, juste après l'attentat, que l'application n'est toujours pas opérationnelle. D'où un retard final de trois heures pour la toute première alerte de l'application.

Le ministère de l'Intérieur indique au Monde avoir demandé "un plan d'action" à Deveryware pour qu'un tel délai ne se reproduise plus. Il faut dire qu'au lancement de l'application, la place Bauveau promettait une alerte arrivant en moins d'un quart d'heure.

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