Attaques à Paris : ce que l'on sait des terroristes

Les attaques simultanées ont fait au moins 129 morts, dans six lieux de la capitale.

La façade du Bataclan Café, situé à côté de la salle de concert parisienne visée par des attaques le 13 novembre 2015.
La façade du Bataclan Café, situé à côté de la salle de concert parisienne visée par des attaques le 13 novembre 2015. (MAXPPP)

"Ce sont trois équipes de terroristes coordonnées qui sont à l'origine de cette barbarie." Au lendemain des attaques terroristes qui ont fait au moins 129 morts, dans la soirée du vendredi 13 novembre à Paris et à Saint-Denis, François Molins, le procureur de Paris, a révélé les premiers éléments de l'enquête sur le profil des terroristes. Francetv info fait le point.

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Combien étaient-ils ?

Des doutes subsistent sur le nombre d'assaillants. "Sept terroristes sont morts au cours de leur action criminelle", dont six en actionnant leurs ceintures d'explosifs, a précisé François Molins. Trois individus ont mené l'assaut du Bataclan, trois se sont fait exploser aux alentours du Stade de France, ainsi qu'un autre sur le boulevard Voltaire, précise le procureur.

Anthony Y. raconte sur le site Le Plus avoir vu les deux assaillants du restaurant Le Petit Cambodge. "J'ai vu deux jeunes hommes sortir. Ils avaient la vingtaine, 25 ans maximum. Ils étaient plutôt habillés de façon classique, pas de grosse barbe, pas de djellaba, explique-t-il. Celui qui est venu vers nous était de type maghrébin, de corpulence normale, et mesurait, je dirais, 1m75."

Les terroristes ont-ils été identifiés ?

Pour le moment, seul un des preneurs d'otages du Bataclan a été identifié, confondu par son doigt sectionné. Son empreinte a été comparée au Fnaeg (le Fichier national automatisé des empreintes génétiques), révélant son identité, a indiqué le procureur de Paris François Molins. 

Né le 21 novembre 1985 à Courcouronnes (Essonne), ce terroriste était déjà connu des services de police pour des délits de droit commun. "Il a été condamné huit fois entre 2004 et 2010 mais n'a jamais été incarcéré", a expliqué le procureur de Paris. Fiché par la DGSI, l'homme faisait l'objet d'une fiche "S" (pour sûreté de l'Etat). Selon les informations du Point, l'homme habitait à Chartres (Eure-et-Loir). Et Le Monde affirme qu'il aurait séjourné en Syrie entre l'automne 2013 et le printemps 2014. Son père et son frère ont été placés en garde à vue samedi soir, et des perquisitions ont eu lieu à leurs domiciles.

Que savons-nous sur les autres assaillants ? 

Un passeport syrien a été retrouvé près du corps d'un des trois kamikazes qui se sont fait sauter vendredi soir près du Stade de France, a affirmé François Molins. Et d'ajouter : "L'individu, né en septembre 1990 en Syrie, n'est pas connu des services de renseignement français."

La "piste syrienne" est l'une des hypothèses de travail des enquêteurs, ont expliqué des sources policières à France 2, qui vérifient ces éléments en lien avec des services de renseignements étrangers, notamment européens. Selon un communiqué du ministère grec de la Protection des citoyens, le détenteur du passeport serait passé par l'île grecque de Leros.

Comment étaient équipés les terroristes ?

• Des kalachnikov. Les assaillants étaient armés de mitrailleuses. Les "assassins" ont "balayé avec des mitraillettes plusieurs terrasses de café", selon le préfet de police, Michel Cadot. Un survivant de l'attaque contre le Bataclan a dit de l'un des assaillants qu'il ressemblait "à Monsieur Tout-le-monde avec une kalachnikov".

• Des ceintures d'explosifs. Chacun des terroristes étaient équipés de ceintures d'explosifs contenant du TATP (un explosif primaire), de piles, d'un détonateur et de boulons. 

• Pas de cagoules au Bataclan. Selon plusieurs rescapés, les assaillants du Bataclan ont agi à "visage découvert". En revanche, un témoin des coups de feu rue de Charonne dit avoir vu "trois hommes cagoulés", habillés en noir, sortir d'une voiture noire aux vitres teintées, avec des armes lourdes.

Y a-t-il des suspects en fuite ?

Les cameras de surveillance et les témoignages recueillis par les enquêteurs permettent d'affirmer que les assaillants ayant ouvert le feu sur les terrasses des cafés et restaurants des 10e et 11e arrondissements circulaient à bord d'une Seat Leon noire. Selon Le Parisien, cette voiture a été retrouvée samedi soir, vide de tout occupant, à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

De leur côté, les kamikazes qui ont attaqué le Bataclan sont arrivés sur place à bord d'une Volkswagen Polo noire immatriculée en Belgique. "Nous savons que ce véhicule a été loué par un individu français résidant en Belgique", a expliqué le procureur de Paris. Le ministre belge de la Justice, Koen Geens, donne une version différente, assurant que "celui qui a loué la voiture était un Belge. On le connaissait de part son frère [qui était fiché]".

Cet homme a fait l'objet d'un contrôle routier près de la frontière belge à bord d'un autre véhicule, une Golf grise, en compagnie de deux autres individus. Selon le procureur, ces trois personnes ont été interpellées par la police belge et "n'étaient pas connues des services de renseignement français". Cependant, selon la RTBF, seules deux de ces trois personnes auraient été arrêtées à Molenbeek, dans la banlieue de Bruxelles. En tout, la police belge aurait procédé à cinq arrestations. Ce sont notamment des tickets de parking retrouvés dans une des deux voitures découvertes à Paris qui ont permis de mener les enquêteurs jusqu’en Belgique.