Seine-Maritime : la permanence de la députée LREM Sira Sylla ciblée par le groupe d'extrême droite Génération identitaire

Le groupuscule a déployé une banderole pour dénoncer les propositions de l'élue sur les transferts d'argent vers l'Afrique. Cette action a été dénoncée par plusieurs membres du gouvernement, dont le Premier ministre, Jean Castex, qui évoque des "attaques indignes".

La députée LREM Sira Sylla lors de son arrivée à l\'Assemblée nationale, le 21 juin 2017.
La députée LREM Sira Sylla lors de son arrivée à l'Assemblée nationale, le 21 juin 2017. (THOMAS SAMSON / AFP)

Le groupuscule d'extrême droite Génération identitaire a manifesté devant la permanence de la députée LREM Sira Sylla, samedi 25 juillet à Grand-Quevilly (Seine-Maritime), en dévoilant des slogans xénophobes réclamant "plus de remigration". Les manifestants ont allumé des fumigènes et déployé une banderole : "Aidez les Français, pas les Africains", afin de dénoncer des prises de position de l'élue sur les transferts d'argent vers l'Afrique effectués par des travailleurs expatriés.

"Vous ne m'atteindrez jamais"

Sira Sylla a elle-même publié sur son compte une photographie de l'action menée par Génération identitaire. "Vous ne m’atteindrez jamais", a réagi l'élue de Seine-Maritime. "Je suis très fière du travail que je me mène avec conviction en tant que députée de la République française depuis trois ans notamment pour ma circonscription et la relation Afrique-France." La députée s'est dite "plus déterminée que jamais" après cette opération médiatique qui a réuni au moins cinq personnes, selon l'image mise en ligne.

Début juillet, la députée s'était inquiétée de la diminution des transferts d'argent de la France vers l'Afrique, liée à la diminution des revenus des travailleurs entraînée par la crise sanitaire et économique. Mais Sira Sylla avait également dénoncé les fortes taxes appliquées à ces transferts par les leaders du secteur, comme Western Union ou MoneyGram. "Ces frais se montent à 9 ou 10% des sommes transférées vers les pays d'Afrique de l'Ouest, très loin des 3% qui sont l'objectif souhaité par le FMI au titre du développement durable", expliquait-elle au Parisien, début juillet.

Elle souhaite notamment obtenir une défiscalisation partielle et temporaire de ces transferts, mais également la possibilité pour un expatrié d'avoir un compte dans son pays d'origine et un autre dans son pays d'accueil (bi-bancarisation), afin de réduire les frais de transfert lors des opérations bancaires. Au total, 59 députés avaient déjà signé fin mai une tribune en ce sens, parue dans L'Opinion. "C’est une mesure d’aide au développement concrète, réaliste et directe, qui ne se perdrait pas dans les différents canaux institutionnels", plaidait notamment le texte.

"Ils ne savent même pas de quoi ils parlent"

"Je ne suis pas du tout intimidée", a réagi la députée auprès de France 3 Normandie. Cela fait 3 ans que je prends cher, j'ai le cuir endurci (...). Ce sont eux les lâches, ils ne savent même pas de quoi ils parlent." Sira Sylla a l'intention de porter plainte contre les militants et tient à saluer le soutien apporté par des élus de tous bords politiques. 

Au sein du gouvernement le Premier ministre Jean Castex, a dénoncé des "attaques indignes" appelant "une condamnation unanime et sans aucune ambiguïté". Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, de son côté, "condamne avec la plus grande fermeté les comportements ignobles dont a été victime" Sira Sylla et ajoute que "la République ne cédera rien face à l'idéologie haineuse de ces groupuscules extrémistes". La ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa a également écrit à l'élue de Seine-Maritime.

Le groupuscule Génération identitaire avait récemment fait parler de lui en déployant une banderole sur un toit à Paris, mi-juin, au cours d'une manifestation contre les violences policières. Douze militants d'extrême droite avaient été interpellés lors de cette action.