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Sécurité dans les fêtes foraines : "On essaye toujours d'avoir le risque zéro, mais c'est difficile"

Comment les forains contrôlent-ils leurs manèges ? Après l'accident mortel samedi à Neuville-sur-Saône (Rhône), franceinfo a posé la question à des patrons d'attractions à la Foire du Trône à Paris.

Article rédigé par
Édité par Alexandra du Boucheron - Ariane Griessel
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Le "Jet star" à la Foire du Trône à Paris le 2 avril 2018. (ARIANE GRIESSEL / FRANCEINFO)

Deux jours après l'accident mortel survenu dans une fête foraine à Neuville-sur-Saône, dans le Rhône, le responsable du manège a été mis en examen mardi 2 avril pour "homicide involontaire aggravé", "blessures involontaires" et "mise en danger de la vie d'autrui".

Selon les premières constatations des enquêteurs, d'importants problèmes mécaniques, électriques, hydrauliques et d’entretien ont été détectés sur ce manège de 14 nacelles accrochées à une structure tournante, qui monte et qui descend. Pourtant, les contrôles sont réguliers sur ce type d'attractions. Exemple, à la Foire du Trône, à Paris. 

Paris : les forains de la Foire du Trône expliquent comment ils contrôlent leurs manèges - un reportage d'Ariane Griessel
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Pas de voyant vert, pas de démarrage. Le manège d'Emmanuel Fleur, baptisé "Top spin", est équipé de capteurs un peu partout pour vérifier que tout est en place. Cette sécurité s'ajoute au contrôle réalisé chaque matin par le forain : "On fait les essais, on fait l'entretien, résume-t-il. On fait le nécessaire. Et puis, il n'y a pas de raison, le manège a 27 ans."

Je suis à l'écoute de ma machine, moi. On ne peut pas dire qu'on appuie sur un bouton, on laisse tourner et on ne regarde pas.

Emmanuel Fleur, forain

à franceinfo

Emmanuel Fleur devant son "Top spin", à la Foire du Trône à Paris le 2 avril 2018. (ARIANE GRIESSEL / FRANCEINFO)

Le "Top spin" ressemble à un immense balcon qui se balance en hauteur et fait des tours complets sur lui-même. Son propriétaire doit répondre à des règles très strictes, en lien avec le constructeur : "J'ai un cahier des charges, explique Emmanuel Fleur. Les pièces ont tant d'années. Usées ou pas usées, [le constructeur] les change directement. Après, il y a le contrôle de sécurité. Dans chaque foire, il vient contrôler au niveau du courant et au niveau du système de secours, c'est-à-dire que les gens sont bloqués là-haut, j'ai un système pour redescendre les gens. Pour attaquer la saison, le nécessaire a été fait."

Des forains favorables aux contrôles

Un peu plus loin, dans les allées de la Foire du Trône, des jeunes amateurs de sensations fortes se lancent sur le "Jet star" dans des wagons lancés à grande vitesse. "On est pas mal contrôlé, mais ce n'est pas plus mal : ça permet qu'on soit toujours remis en question et qu'on fasse notre boulot correctement", assure le gérant de cette attraction, James Montalétang. Bien sûr, il a entendu parler de l'accident de samedi près de Lyon. "Ce qui arrive, c'est triste", confie-t-il.

On ne cherche pas à faire du mal aux gens, juste à les amuser.

James Montalétang, forain

à franceinfo

Jouer à se faire peur sans risque est l'objectif de ces attractions. Les plus inquiets ne sont pas les adolescents qui s'y aventurent, mais les parents restés en bas. Une mère de famille, un peu pâle, reconnaît avoir "la peur au ventre à les voir en haut, faire les loopings".

Ça fait trop peur. 

La mère d'un client

à franceinfo

Une autre mère de famille admet qu'elle pense au drame du week-end : "On pense plus à la rigolade, mais moi j'y pense." Avant que sa fille ne monte dans le "Jet star", elles en ont parlé ensemble : "Elle m'a dit : 'Ouais, mais non', raconte-t-elle, comme si "l'accident, ça n'arrive qu'aux autres !"

Avant celui de Neuville-sur-Saône, le dernier accident mortel en France remonte à septembre 2014 à Flins-sur-Seine, dans les Yvelines. Deux adolescentes avaient été éjectées de la voiture d'une chenille tournante en pleine vitesse. L'une d'elles avait heurté l'attraction avant de tomber sous le manège et avait succombé à ses blessures. Les experts avaient relevés des défauts sur les barres de sécurité et le contrôle de vitesse de l'attraction. L'enquête a montré que son contrôle technique était expiré depuis plusieurs jours.

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