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Profanation d'un cimetière juif en Alsace : de 8 à 18 mois de prison avec sursis pour les auteurs

Cinq personnes ont été condamnées, vendredi, à Saverne (Bas-Rhin), pour le saccage d'un cimetière juif, en février 2015.

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Des tombes profanées au cimetière juif de Sarre-Union (Bas-Rhin), le 17 février 2015. (PATRICK HERTZOG / AFP)

Cinq jeunes hommes ont été condamnés, vendredi 15 septembre, à Saverne (Bas-Rhin) à des peines de huit à dix-huit mois de prison avec sursis pour avoir saccagé, quelque 250 tombes dans le cimetière juif de Sarre-Union, en février 2015.

Les prévenus étaient tous mineurs au moment des faits et le tribunal pour enfants "a suivi à 100% les réquisitions du procureur", a précisé Simon Burkatzki, l'avocat de la Licra, à l'issue de ce procès qui s'est tenu à huis clos.

140 heures de travaux d'intérêt général chacun

Ils comparaissaient pour profanations et dégradations de sépultures "en raison de l'appartenance des personnes décédées à une religion déterminée", en l'occurrence le judaïsme. Des centaines de stèles avaient été renversées, certains tombeaux avaient été ouverts, et les profanateurs avaient uriné sur certaines sépultures.

La peine la plus lourde, soit 18 mois avec sursis, a été prononcée à l'encontre de l'homme considéré comme le "meneur". Trois autres prévenus ont écopé d'un an de prison avec sursis, et le dernier de huit mois avec sursis. Les cinq hommes devront en outre effectuer chacun 140 heures de travaux d'intérêt général (TIG), a précisé le procureur de Saverne, Philippe Vannier, dans un communiqué.

Des peines "beaucoup trop clémentes" pour les parties civiles

Pendant les deux jours de débat, les prévenus "ont exprimé leurs regrets", mais ceux-ci "semblent superficiels", a regretté  Simon Burkatzki. "Leur thèse c'est qu'ils ne sont pas foncièrement antisémites, qu'ils ont commis une erreur, une bêtise, un délire entre potes", a rapporté l'avocat.

"Nous ne croyons pas du tout à la sincérité de ce repentir", a également commenté Samuel Thomas, vice-président de l'association anti-raciste "La Maison des potes", qui a estimé les peines "beaucoup trop clémentes". "Personne ne peut croire qu'ils ont décidé ça sur un coup de tête au dernier moment", a-t-il ajouté.

Le tribunal a par ailleurs renvoyé au 24 novembre sa décision sur l'aspect civil du dossier. Le Consistoire du Bas-Rhin, en charge de l'entretien du cimetière, a notamment demandé que les cinq jeunes hommes soient condamnés à payer les frais de remise en état des tombes. Deux ans et demi après les faits, ce chantier évalué à plus de 850 000 euros n'a pratiquement pas commencé.

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