Beauvau de la sécurité : les forces de l'ordre "doivent se moderniser" et "s'adapter à la société de l'image", estime Gérald Darmanin

Le ministre de l'Intérieur a fait cette déclaration lors de la première table ronde de cette grande concertation, consacrée aux relations entre la police et la population.

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Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, le 26 janvier 2021 à l'hôtel de Beauvau à Paris. (ARTHUR NICHOLAS ORCHARD / HANS LUCAS / AFP)

"Les forces de sécurité doivent se moderniser sans cesse." Le ministre de l'Intérieur a fait cette déclaration lundi 8 février, lors du Beauvau de la sécurité, cette concertation inédite sur la police, qui doit durer jusqu'au mois de mai, avec des débats tous les quinze jours. "Nous devons absolument nous adapter à la société de l'image", a précisé Gérald Darmanin, qui souhaite "moderniser" les "outils législatifs", afin que la police puisse mieux communiquer sur les enquêtes et mieux "répondre aux attaques".

Lors de cette première table ronde, consacrée aux relations entre la police et la population, le sondeur Jérôme Fourquet, de l'institut Ifop, a rappelé que selon une étude réalisée en début d'année, 6 français sur 10 ressentent "confiance ou sympathie" à l'égard de la police, un niveau stable depuis "juin 2012". Il y a "des fluctuations en fonction d'un certain nombre d'affaires", a-t-il poursuivi, en citant notamment l'affaire Michel Zecler, du nom du producteur de musique noir, violemment frappé par des policiers en novembre. Après cette affaire, "l'institution a perdu 10 points" de confiance en décembre, selon Jérôme Fourquet, qui a rappelé que "27% de la population éprouve inquiétude ou hostilité" vis-à-vis de la police, "soit 10 millions de Français".

"L'administration doit changer son logiciel"

"Une partie de la population est définitivement irréconciliable avec la police", a de son côté déclaré Frédéric Veaux, directeur général de la police nationale, pour qui il faut "concentrer nos efforts vers cette partie de la population qui doute de notre action".

"Ce qu'on ne fait pas, c'est d'avoir un contact assez important avec les citoyens", a pour sa part regretté le député LREM Jean-Michel Fauvergue, ancien policier. "La police et la gendarmerie sont des polices d'intervention essentiellement. La police de voisinage n'existe plus en France", a déploré l'ex-patron du Raid. "L'administration doit changer son logiciel", a encore plaidé Jean-Michel Fauvergue. "Accepter peut-être un peu moins de résultats chiffrés, sur les arrestations", notamment. Il faut "se persuader que le contrôle d'identité n'est pas l'alpha et l'oméga du travail de police", a-t-il dit, rappelant que ce dispositif était "largement décrié" par une partie de la population.

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