Violences policières : "Filmer ces interventions est important", rappelle le président de la société des journalistes du "Figaro"

Pour Jean-Baptiste Garat, les images de l’évacuation des réfugiés à Paris et celles du producteur passé à tabac par la police mettent en évidence l'utilité de filmer les interventions policières.

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Radio France
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Une manifestante tient un panneau à Marseille, lors d'une manifestation contre les violences policières et la proposition de loi sur la "sécurité globale", le 28 novembre 2020. (NICOLAS TUCAT / AFP)

Des manifestations ont lieu partout en France samedi 28 novembre pour protester contre les violences policières et la proposition de loi sur la "sécurité globale". Les débats relatifs à l’article 24 visant à encadrer le droit de filmer et diffuser des images de forces de l’ordre en intervention se poursuivent.  

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"Filmer ces interventions est important", rappelle samedi sur franceinfo Jean-Baptiste Garat, président de la société des journalistes du Figaro. "Sur ces affaires, les images sont affreuses mais elles existent. Elles permettent à chacun de se faire son opinion, de détecter les problèmes et de savoir là où il faut mettre un coup d’accélérateur pour changer les choses", poursuit-il.

franceinfo : Est-ce que les images de l’évacuation des réfugiés à Paris et celles du producteur de musique passé à tabac par la police confirment la nécessité de filmer l’intervention des forces de l’ordre ?

Baptiste Garat : Confirmer est le moindre mot. Il est évident que filmer ces interventions est important, que le travail des journalistes est important, non pas pour mettre au ban un certain nombre d’individus, mais parce que cela fait partie d’un équilibre entre le pouvoir et le pouvoir de la presse et la liberté d’informer. Sur ces affaires, les images sont affreuses mais elles existent. Elles permettent à chacun de se faire son opinion, de détecter les problèmes et de savoir là où il faut mettre un coup d’accélérateur pour changer les choses.

Emmanuel Macron a écrit sur les réseaux sociaux qu’il croyait en la liberté de la presse, est-ce que le chef de l'État vous a convaincu ?

C’est le minimum. S’il n’y croyait pas, ça serait beaucoup plus compliqué pour lui et, il faut bien le reconnaître, pour nous. Ça ne se négocie pas. Aujourd'hui, l'immense majorité de toutes les rédactions soutiennent ce mouvement et demandent explicitement que le gouvernement revoie sa copie sur un certain nombre de dossiers.

Il a déjà revu sa copie sur ce fameux l’article 24 en disant que le futur délit ne pourra finalement pas porter préjudice au droit d’informer, cela ne vous a pas rassuré ?

Ça ne nous rassure pas parce que tout le monde aujourd'hui est conscient d'une chose. Nous journalistes, et je pense, le gouvernement, le pouvoir législatif, le Parlement, tous sont conscients que ce nouveau délit créé par l'article 24 est inutile. Les faits qu'on souhaite sanctionner sont déjà sanctionnés par de multiples textes. La seule différence avec ce qui se passait auparavant, c'est qu'on fait un cas à part. Aujourd'hui, les forces de l'ordre sont exposées dans leur métier, comme peuvent l'être beaucoup de professions.

Malheureusement, dans le monde entier et aujourd'hui en France, les journalistes sont menacés de mort. Il est inutile de rappeler les droits que l'on connaît tous d'un policier à ne pas être diffamé, à ne pas être accusé à tort de délit ou d’infraction, et à l'inverse, de contraindre le droit à l'information et le droit des journalistes à exercer leur travail librement. Et on considère que l'article 24 et tout un ensemble de mesures qui s'accumulent aujourd'hui, vont dans un sens qui n'est pas le bon.

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