Plateforme pour signaler les discriminations : la colère des syndicats policiers

Après l’interview d’Emmanuel Macron par Brut jeudi 3 décembre, la colère des syndicats de policiers ne retombe pas. Le président a annoncé la création d’une plateforme anti-discrimination.

franceinfo

Lors de son interview accordé au média Brut, Emmanuel Macron est longuement revenu sur les récentes accusations de violences policières et de racisme. S’il a pris la défense des policiers, écartant "la violence consubstantielle", il a reconnu des contrôles au faciès abusifs. Le président a annoncé la création d’une plateforme en ligne, "commune, unique et nationale" pour dénoncer les discriminations. Celle-ci fait suite à une étude du Défenseur des droits : sur 5 000 personnes interrogées, 80% des profils correspondant à "un jeune homme perçu comme arabe ou noir" ont été contrôlés ces cinq dernières années, contre 16% au global.

Un service minimum pour les policiers

Davido Reverdy, secrétaire national adjoint du Syndicat Alliance Police Nationale dénonce les propos d’Emmanuel Macron. "Si c’est pour jeter en pâture la police une nouvelle fois par la création d’une plateforme qui existe déjà et pour remettre le couvert avec ces choses-là, c’est inacceptable". Il est appuyé par Gregory Joron, secrétaire général du syndicat SGP Police FO. "Je rappelle que les policiers sont envoyés dans des zones criminogènes, dans les pires quartiers de France". L’ensemble des syndicats ont décrété un service minimum sauf cas d’urgence.

Un policier tient une pancarte du syndicat Alliance police nationale lors d\'une manifestation contre la \"haine des flics\" à Nantes en mai 2016 (photo d\'illustration).
Un policier tient une pancarte du syndicat Alliance police nationale lors d'une manifestation contre la "haine des flics" à Nantes en mai 2016 (photo d'illustration). (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)