Christophe Castaner promet "une sanction" pour "chaque faute" ou mot raciste dans la police

Le ministre de l'Intérieur a fait cette déclaration au Sénat alors que 18 personnes ont été interpellées mardi à Paris en marge d'une manifestation contre les violences policières et le racisme et en hommage à Adama Traoré, mort en 2016 après son interpellation par des gendarmes.

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France Télévisions
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Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, à l'Assemblée nationale, le 26 mai 2020. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a promis mercredi 3 juin que "chaque faute, chaque excès, chaque mot, y compris des expressions racistes" ferait "l'objet d'une enquête, d'une décision, d'une sanction", au lendemain de manifestations à Paris en hommage à Adama Traoré et pour dénoncer les violences policières. La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a également appelé à "l'apaisement".

Dix-huit personnes ont été interpellées au cours d'incidents survenus en marge de cette manifestation qui a eu lieu dans le contexte de celles organisées aux Etats-Unis et dans d'autres pays après la mort de George Floyd, un Américain noir de 46 ans asphyxié par un policier blanc à Minneapolis (Minnesota) le 25 mai.

Une interdiction pour "raisons sanitaires"

Le décès d'Adama Traoré a été "un drame" qui suscite "une émotion légitime encore très présente dans notre pays", a déclaré Sibeth Ndiaye à l'issue du Conseil des ministres. Entre la France et les Etats-Unis, les situations "ne sont pas tout à fait comparables, ni sur le plan de l'histoire ni sur l'organisation de la société. J'appelle à aborder ces sujets avec énormément de prudence", a-t-elle précisé. Elle a également rappelé qu'une instruction judiciaire était en cours sur les circonstances de la mort d'Adama Traoré. "Nous faisons confiance en la justice pour faire tous les éclairages, et, le cas échéant, un procès sur cette affaire", a-t-elle lancé.

La manifestation de mardi soir, qui a réuni 20 000 personnes, "n'avait pas été interdite pour son objet mais pour des raisons sanitaires" liées à l'épidémie de Covid-19, a souligné la porte-parole. Elle n'a pas fait l'objet d'une discussion en Conseil des ministres, a-t-elle précisé. Samedi, une autre manifestation à Maubeuge (Nord) pour la sauvegarde du site Renault avait aussi été organisée, sans autorisation de la préfecture, souligne La Voix du Nord.

Il n'y a pas de violence d'Etat instituée dans notre pays. Quand il y a des incidents, quand il y a des fautes qui sont commises par des membres des forces de l'ordre, il y a des enquêtes et le cas échéant des sanctions lorsque des fautes sont avérées.

Sibeth Ndiaye

lors d'une conférence de presse

La droite a condamné mercredi la manifestation qui s'est déroulée à Paris. "Une telle manifestation, en plein état d'urgence, c'est bafouer la loi", a dénoncé le président LR du Sénat Gérard Larcher sur RTL. A l'inverse, Jean-Luc Mélenchon, chef de file de LFI, a jugé les images des rassemblements "impressionnantes de calme et de détermination tranquille", en prenant la défense de "cette jeunesse humiliée par les contrôles incessants, l'injustice permanente et les violences policières impunies avec ostentation".

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