Loi "sécurité globale" : la compagne de Cédric Chouviat, mort après son arrestation, se dit "révoltée"

Doria Chouviat estime que les vidéos, lors d'arrestations controversées ou d'affrontements, représentent des éléments de preuve importants.

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Doria Chouviat, lors d'un rassemblement dans les rues de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), en mémoire de son conjoint décédé. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Doria Chouviat, la femme de Cédric Chouviat, mort en janvier 2020 lors de son arrestation à Paris se dit samedi 21 novembre sur franceinfo "révoltée" par le vote vendredi soir de la mesure la plus controversée de la proposition de loi "sécurité globale".

L'article 24 de ce texte puni d'un an de prison et 45 000 euros d'amendes la diffusion de l'image du visage ou tout autre élément d'identification des forces de l'ordre en intervention quand elle porte atteinte à leur intégrité physique ou psychique. La mesure ne peut porter "préjudice au droit d’informer" et l’intention malveillante contre les forces de l’ordre doit être "manifeste", assure le gouvernement, mais de nombreuses associations et personnalités la critiquent fermement.

"Cela sert à qui réellement ? À part à servir l'impunité, à cacher la vérité et à nous fliquer plus qu'on ne l'est déjà ?"

Doria Chouviat

à franceinfo

"Cela sert à qui réellement, à part au pouvoir ?", s'interroge Doria Chouviat. "J'ai l'impression d'être une rescapée avec mes vidéos. Déjà pour avoir une vraie instruction, il faut des preuves et les vidéos, ce sont des preuves qui permettent de sensibiliser les gens et de médiatiser la chose, parce que c'est important, ça agrandit l'appel à témoin", poursuit-elle. Doria Chouviat précise par ailleurs qu'elle participe à la manifestation samedi place du Trocadéro, à Paris. Une vingtaine de rassemblements sont organisés partout en France pour dénoncer cette proposition de loi.

"C'est indispensable et cela sert tout le monde, ça pourrait même servir un policier demain qui serait faussement accusé", assure-t-elle. Son mari, livreur de 42 ans, est mort le 5 janvier dernier, après un malaise cardiaque survenu deux jours plus tôt lors d'un contrôle policier à Paris. Trois vidéos du contrôle routier, filmées par le livreur lui-même, une policière et un automobiliste, ont permis de reconstituer la scène. Cédric Chouviat répète à plusieurs reprises "j'étouffe", avant son malaise. Trois policiers ont été mis en examen pour "homicide involontaire".

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