Adama Traoré : militants contre les violences policières et écologistes manifestent pour une société "qui ne laisse personne de côté"

2 700 personnes ont manifesté samedi 18 juillet dans le Val-d'Oise, quatre ans après la mort d'Adama Traoré, lors de son interpellation par la police. Parmi elles, des écologistes venus défendre une "société soutenable".

Article rédigé par
Cyrille Ardaud - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
La marche pour Adama Traoré a rassemblé militants des droits de l'homme et écologistes dans le Val-d'Oise, le 18 juillet 2020. (BERTRAND GUAY / AFP)

Quatre ans après la mort d'Adama Traoré lors d'une interpellation dans le Val-d'Oise, près de Paris, proches et soutiens ont manifesté, samedi 18 juillet, à la mémoire du jeune homme noir de 24 ans. La marche, qui a réuni environ 2 700 personnes selon les gendarmes, a retracé dans le calme le dernier parcours d'Adama Traoré. Les organisateurs - le Comité Adama et Alternatiba - une des principales organisations du mouvement pour le climat, entendaient également protester contre les violences policières.

Une société sans police

Dans la foule, des militants écologistes, quelques gilets jaunes et évidemment beaucoup de gens venues réclamer justice pour les personnes victimes de violences policières. A l'image, par exemple, de Raoul, qui manifeste avec ses deux filles, profondément touché par l'affaire Traoré. "C'est quand même anormal que, depuis quatre ans, l'État, les autorités de ce pays ne se saisissent pas de cette affaire de manière sérieuse."

Il y a quand même eu un mort. Si au final, la justice relâche les protagonistes, on comprendra bien.

Raoul, père de famille

à franceinfo

"Il faut que ce soit fait de manière sérieuse et qu'il y ait des expertises diligentées, que les gens aient le sentiment que tout a été fait.", conclut le père de famille.

Beaucoup de slogans réclamaient justice pour Adama et aussi pour d'autres victimes de violences policières un peu partout en France. On a aussi beaucoup entendu. "Tout le monde déteste la police". Une société sans police, c'est le message qu'est venu porter Fab : "Nous on pense que la police à laquelle on attribue ce rôle de protection de la loi, protection de la démocratie, protection face aux criminels, cette police, elle a plutôt un rôle de répression dans les quartiers et contre le mouvement social."

Pour une convergence des luttes anti-raciste et écologiste 

Le cortège était aussi nourri par quelques militants écologistes dont les revendications ont toute leur place, estime Elodie : "Quand on est militant ou militante pour le climat, ce pourquoi on se bat, c'est une société soutenable, c'est un monde qui est plus juste et plus égalitaire. Et du coup, le fait de demander justice et vérité pour toutes les victimes de violences policières, pour nous, ça devient assez évident.

La société soutenable que l'on veut construire, elle repose forcément sur des valeurs de justice, d'égalité. Elle ne laisse personne de côté.

Elodie, militante écologiste.

à franceinfo

Dans sa prise de parole avant la manifestation, la sœur d'Adama Traoré, Assa Traoré, a demandé une reconstitution pour savoir exactement ce qu'il s'est passé ce 19 juillet 2016. Elle a aussi exigé que les faits soient requalifiés en homicide volontaire. 

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