Tir de Flash-Ball : un an de prison avec sursis pour le policier qui avait blessé au visage un lycéen à Montreuil

Il n'était pas en situation de légitime défense quand il a tiré, en 2010, sur l'adolescent de 16 ans qui manifestait devant un lycée de Seine-Saint-Denis.

Un policier portant un Flash-Ball lors d\'une visite du ministre de l\'Intérieur, Bernard Cazeneuve, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 2 juin 2014.
Un policier portant un Flash-Ball lors d'une visite du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 2 juin 2014. (MAXPPP)

Un policier qui avait gravement blessé un lycéen au visage d'un tir de Flash-Ball, en 2010, a été condamné, jeudi 2 février, à un an de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Il écope également d'un an d'interdiction de travailler dans la police, et de deux ans d'interdiction de porter une arme.

Ce fonctionnaire avait tiré sur Geoffrey, 16 ans, lors d'une manifestation devant un lycée de Montreuil en 2010. Le jeune lycéen a souffert de multiples fractures du visage et du nez, et a dû subir six interventions chirurgicales pour sauver son œil. 

La 3e condamnation d'un policier pour ce type de tirs 

Lors du procès, en mars, le procureur avait estimé qu'il n'y avait "pas l'ombre d'une situation de légitime défense" : Geoffrey déplaçait une poubelle, et avait donc les mains prises, au moment des faits, ce dont des vidéos diffusées par des témoins sur internet ont attesté. Le policier avait ensuite rédigé des procès-verbaux mensongers pour se couvrir et incriminer sa victime.

C'est la troisième condamnation d'un fonctionnaire de police pour ce type de bavure depuis l'introduction du Flash-Ball dans l'arsenal de la police. Les deux autres ont été prononcées à Versailles (Yvelines), pour un tir qui avait éborgné un jeune homme aux Mureaux en 2005, et le 20 mars dernier, à Mayotte, où un gendarme a écopé de deux ans de prison avec sursis pour avoir éborgné un enfant de 9 ans.