Policier municipal accusé de violences à Drancy : la justice demande la requalification des faits en viol

L'agent municipal est poursuivi pour avoir exercé des violences sur Alexandre, désormais âgé de 29 ans, qu'il avait interpellé en 2015 en état d'ébriété. 

Des gendarmes à Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 16 février 2017, cinq jours après que 2 000 personnes ont manifesté dans la ville pour demander justice pour Théo.
Des gendarmes à Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 16 février 2017, cinq jours après que 2 000 personnes ont manifesté dans la ville pour demander justice pour Théo. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Le tribunal correctionnel de Bobigny a demandé, lundi 20 février, qu'un policier municipal, jusque-là poursuivi pour des violences commises en marge d'une interpellation à Drancy (Seine-Saint-Denis) en 2015, soit jugé devant les assises pour viol. Cette décision intervient dans la foulée de l'affaire Théo.

Le policier municipal de 33 ans est poursuivi au départ pour violences aggravées, pour avoir exercé des violences sur Alexandre, désormais âgé de 29 ans, qu'il avait interpellé avec sa patrouille dans la soirée du 29 octobre 2015 en état d'ébriété. Les certificats médicaux présentés par la victime font état d'une "pénétration anale""Les faits sont de nature à entraîner une requalification criminelle", a déclaré la présidente de la 14e chambre.

Une plaie de 1,5 cm au niveau de l'anus

Pour le contraindre à monter dans un véhicule, le fonctionnaire avait utilisé une matraque. Pendant sa garde à vue, le jeune homme s'était plaint de douleurs à l'anus. A l'hôpital, le médecin avait constaté une "plaie ouverte profonde de 1,5 cm" au niveau de l'anus.

Le procès, en janvier, avait fait peu de bruit, mais l'affaire a pris un écho particulier avec la révélation de l'affaire Théo, ce jeune homme de 22 ans victime d'un viol présumé au moyen d'une matraque lors de son interpellation à Aulnay-sous-Bois le 2 février. Le tribunal de Bobigny devait rendre son jugement lundi, mais les juges ont finalement décidé de demander une requalification des faits en viol.