Mineurs percutés à scooter à Paris : ce que l'on sait de l'enquête après la mise en examen d'un des policiers

Un des trois policiers placés en garde à vue est mis en examen à l'issue de sa garde à vue vendredi 21 avril et placé sous contrôle judiciaire, soupçonné d'avoir percuté un scooter monté par trois adolescents et de les avoir blessés dans l'accident la semaine dernière à Paris.
Article rédigé par France Info
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Images amateur de l'accident impliquant un scooter et un véhicule de police le 13 avril 2023 à Paris, rue de Bagnolet. (FRANCE 2)

Un des trois policiers est mis en examen à l'issue de sa garde à vue et placé sous contrôle judiciaire, a appris franceinfo de source judiciaire vendredi 21 avril. Il est soupçonné d'avoir percuté un scooter monté par trois adolescents et de les avoir blessés dans l'accident la semaine dernière à Paris. Les deux autres gardes à vue ont été levées. Les investigations se poursuivent désormais sous la direction du magistrat instructeur. Voici ce que l'on sait de l'enquête.

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Une course poursuite dans Paris

Le 13 avril dernier, peu avant minuit, dans le 20e arrondissement, un scooter monté par trois mineurs de 17, 14 et 13 ans, dont l'un ne portait pas de casque, a été poursuivi par une voiture de police avant de chuter. 

Les policiers, une femme et deux hommes selon une source proche de l'enquête, "ont voulu procéder au contrôle" du scooter mais "le conducteur a refusé de s'arrêter" et a "emprunté une rue à contresens", avait expliqué mardi la préfecture de police. 

Selon une femme de 37 ans, se présentant comme témoin des faits, le véhicule de police est venu percuter le deux-roues. "J'ai vu le scooter se lever et surtout les corps éjectés avant de retomber sur le trottoir", a-t-elle assuré ce jeudi lors d'une conférence de presse organisée par Me Arié Alimi, avocat des deux familles des mineurs. 

La conductrice, une jeune fille de 17 ans, a été hospitalisée. Vendredi, son pronostic vital n'était plus engagé, selon le parquet de Paris. Son frère de 13 ans a été blessé au foie et un autre passager, âgé de 14 ans, touché au genou, avait indiqué jeudi Me Alimi. Le parquet de Paris a confié à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) une enquête sur les conditions dans lesquelles le scooter a chuté, et ouvert une autre enquête sur le refus d'obtempérer de la conductrice. 

Un des trois policiers mis en examen


Un des trois policiers placés en garde à vue jeudi 20 avril, soupçonné d'avoir percuté le scooter monté par trois adolescents et de les avoir blessés dans l'accident la semaine dernière à Paris, est mis en examen à l'issue de sa garde à vue et placé sous contrôle judiciaire, a appris franceinfo de source judiciaire. 

Le policier a été mis en examen pour "violences avec armes par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entrainé une incapacité de travail supérieure à 8 jours pour deux des mineurs et moins de 8 jours pour le 3ème, ainsi que pour faux en écriture publique par personne dépositaire de l'autorité publique". Placé sous contrôle judiciaire, il a interdiction d'exercer l'activité de policier et d'entrer en contact avec les victimes et les témoins. Les deux autres gardes à vue ont été levées. Les investigations se poursuivent désormais sous la direction du magistrat instructeur.

Les trois policiers présents dans le véhicule avaient été placés en garde à vue jeudi matin à l'IGPN, avait précisé le parquet à franceinfo. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait annoncé sur franceinfo avoir "demandé au préfet de police de suspendre" les trois policiers. "Conformément aux instructions du ministre de l'Intérieur, une demande de suspension pour les trois fonctionnaires a été signée" par le préfet de police Laurent Nunez, indiquait la préfecture de police vendredi 21 avril à franceinfo. 

"Je crois comprendre que les témoignages des policiers du premier jour ne sont pas ceux d'aujourd'hui et qu'ils reconnaissent des gestes qui ne sont pas appropriés", a ajouté Gérald Darmanin. "Les témoignages ici et là" semblent indiquer "une intervention qui n'est pas conforme à ce que le droit et la déontologie permettent", avait poursuivi le ministre. 

"Les fonctionnaires de police ont d'abord évoqué une chute du véhicule deux-roues, sans contact avec le véhicule de police", avait précisé la préfecture de police. "Revenant sur cette première déclaration, ils ont depuis précisé qu'il y avait eu un contact entre les deux véhicules, sans qu'il ne soit établi à ce stade que ce contact résulte d'une action volontaire ou involontaire", avait-t-elle rapporté. 

 

Une plainte déposée pour tentative d'assassinat

Lors d'une conférence de presse jeudi 20 avril dans l'après-midi, l'avocat des familles des trois mineurs, Me Arié Alimi, a annoncé avoir déposé plainte tentative d'assassinat par personne dépositaire de l'autorité publique, avec arme par destination, sur personnes mineures. 

"Lorsqu'on prend en chasse et qu'on se prépare pour percuter un véhicule avec trois mineurs dessus, ça peut effectivement être qualifié de tentative d'assassinat compte tenu du fait qu'il y a une préméditation", a-t-il déclaré vendredi sur franceinfo.

L'avocat a également annoncé sur franceinfo que "des plaintes seraient déposées" pour "menaces" sur des témoins et "intimidation visant à empêcher l'enquête de se faire". "On a menacé les témoins de garde à vue si l'une des témoins ne retirait pas les vidéos qu'elle avait prises sur son téléphone portable. On a interdit aux familles d'aller à l'Inspection générale de la police nationale", a assuré Arié Alimi.

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