Coup de feu dans un TGV : qu'est-ce que le dispositif "voyager-protéger" qui a permis à un policier d'intervenir ?

Un homme agressif à bord d'un trajet Milan-Annecy-Paris a été maîtrisé par un policier en civil de la préfecture de police de Paris, jeudi à la mi-journée. Ce policier, qui voyageait avec son arme grâce au dispositif "voyager-protéger", a pu intervenir rapidement.
Article rédigé par Aurélien Thirard, France Info
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Un homme armé d'un couteau a été maitrisé après qu'il a tiré un coup de feu, à bord d'un TGV, jeudi 13 juillet. (MAXPPP)

Une grosse frayeur, jeudi 13 juillet pour les passagers d'un TGV Milan-Annecy-Paris. Un homme agressif à bord d'un TGV Milan-Annecy-Paris a été maîtrisé par un policier en civil de la préfecture de police de Paris, a appris franceinfo auprès de la SNCF. 

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D'après le parquet de Chalon-sur-Saône, l'homme, agité, n'a pas réussi à être maîtrisé par les contrôleurs, qui ont donc fait appel à un policier en civil "muni de son arme" et présent à bord du train. Ce policier qui travaille en région parisienne s'est présenté avec son brassard avant de tenter d'arrêter le suspect. Ce dernier a finalement été débarqué en gare du Creusot.

Le policier circulait dans le cadre du dispositif "voyager-protéger". Voici en quoi il consiste.

Le policier bénéficie d'une réduction et d'un bon d'achat qui équivaut à une gratuité 

Le policier en civil du Milan-Annecy-Paris circulait dans le cadre du dispositif "voyager-protéger". Cette mesure, prise sur décision du ministre de l'Intérieur, est l'aboutissement d'une ancienne revendication de la police nationale, qui voulait bénéficier d'un dispositif similaire à celui des gendarmes.

Depuis le 1er janvier 2022, les personnels actifs de la police nationale peuvent bénéficier de tarifs réduits sur le réseau TGV et Intercités de la SNCF. En échange, ils doivent être prêts à intervenir en cas de danger.

Cette offre est disponible pour les déplacements quotidiens entre le domicile et le travail, mais aussi sur les trajets à titre privé, sur le réseau TGV et Intercités de la SNCF Jusqu'en 2022, la prise en charge était de 75% pour les TGV Inoui et les Intercités et de 50% pour les Ouigo. Elle est désormais de 90% pour les Inoui et les Intercités. Le policier bénéficie en outre d'un bon d'achat de 200 euros, valable pendant une année civile, utilisable sur plusieurs voyages (à l'exception des Ouigo) et lui permettant de couvrir le reste à charge. 

En échange, il doit être armé, se signaler et se tenir prêt à intervenir

Pour en bénéficier, le policier doit se présenter au chef de bord avant de monter dans le train et remplir certains critères : porter son arme de service "de manière discrète", avoir avec lui sa carte professionnelle et son brassard Police, ses menottes, et éventuellement son gilet pare-balles. Précisons que seuls les policiers habilités à porter une arme peuvent bénéficier du dispositif, et qu'ils ne doivent ni faire l'objet d'une exclusion temporaire ni être en congés ou en arrêt-maladie.

Dans le cas d'un voyage autre que le trajet domicile-travail, le policier doit avoir fait au préalable une déclaration de port d'arme hors service, par écrit, à son chef de service.

Le policier peut intervenir de son initiative ou à la demande du chef de bord 

La circulaire de la direction générale de la police nationale (DGPN) de décembre 2021 précise dans quels cas le policier doit intervenir : "en cas de commission d'un crime ou d'un délit flagrant, pour porter assistance à toute personne en danger, pour prévenir ou réprimer un acte de nature à troubler la sécurité et l'ordre publics ou portant atteinte aux biens".

Le policier peut intervenir sur sollicitation du chef de bord ou de l'un des contrôleurs si celui-ci constate un danger. Il peut aussi intervenir de sa propre initiative et apprécier les conditions d'intervention "au regard de ses moyens, de la situation et de l'environnement confiné et mobile du train".

Au moment d'intervenir, le policier doit porter son brassard et, s'il en est équipé, son gilet pare-balles.

Depuis le début de l'année, il y a eu 37 interventions de policiers dans des trains

En février 2023, un homme qui menaçait de commettre un attentat sur un trajet Colmar-Paris a été arrêté par un de ces policiers en civil et armé. En tout, depuis le début de l'année, les policiers sont intervenus à 37 reprises dans les trains. Un chiffre qui monte jusqu’à 80 depuis le début de la mise en place du dispositif, dont une dizaine qui a conduit à une interpellation pour des faits de violences, menaces, attouchements sexuels et harcèlement. En tout, ce sont plus de 240 000 trajets dans le cadre du système "voyager-protéger" qui ont été réservés par des policiers depuis 2022.

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