Beauvau de la sécurité : les syndicats de police attendent "des débats mais aussi des décisions et de l'action"

Jusqu'au mois de mai, les représentants de policiers et de gendarmes vont participer à un grand débat national voulu par Emmanuel Macron après les polémiques sur les violences policières. Les citoyens seront associés à la réflexion via des échanges décentralisés.

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Radio France
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Une manifstation de policiers Place de l'Etoile à Paris, le 14 décembre 2020. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Gérald Darmanin réunit lundi 25 janvier à partir de 15 heures, en visio-conférence, les syndicats de police et les représentants de la gendarmerie. Le ministre de l'Intérieur va leur présenter la feuille de route du Beauvau de la sécurité, le grand débat national voulu par le chef de l'État, après plusieurs mois de polémique autour des violences policières.

Réparer les liens entre police et population

Après avoir listé les sept péchés capitaux de la police, Gérald Darmanin doit maintenant trouver des solutions. Et les chantiers sont nombreux. On pense à la formation des jeunes gardiens de la paix qui ne dure plus que huit mois au lieu d'un an auparavant. C'est trop court aux yeux des spécialistes. Il faut aussi mieux encadrer les policiers sur le terrain, leur donner plus de moyens.

Les fonctionnaires sont en pleine crise de confiance selon Grégory Joron, le secrétaire général adjoint du syndicat Unité SGP police. "Les policiers aujourd'hui sont désabusés, démotivés", affirme-t-il.

"Quand, dans une société, celui qui est garant des libertés et de la sécurité des citoyens cache sa fonction, demande à ses enfants de ne pas dire à l'école que papa ou maman est fonctionnaire de police, ça pose un vrai problème."

Grégory Joron

à franceinfo

En toile de fond de ce Beauvau de la sécurité, il y aura donc cette question centrale des liens entre la police et la population, des liens abîmés par les dernières affaires de violences policières.

Les citoyens associés à la réflexion

Gérald Darmanin promet des échanges sans aucun tabou. Pour cela, le ministre de l'Intérieur va se déplacer régulièrement dans les commissariats ou encore dans les écoles de police. Et puis c'est important, les citoyens, seront eux aussi associés à la réflexion, avec des débats décentralisés. "J'attends aussi que le débat ne soit pas interminable pour qu'on arrive finalement à l'été à nous dire qu'on ne réforme pas parce qu'on rentre dans un calendrier électoral, prévient David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale. J'attends des débats mais aussi des décisions et de l'action". 

"Ça fait longtemps qu'on réfléchit sur le sort de la police nationale, il y a eu le livre blanc de la sécurité intérieure. Il y a un moment où il faudra passer de la réflexion et du débat à l'action et à la décision."

David Le Bars

à franceinfo

Les débats du Beauvau de la sécurité se tiendront jusqu'au mois de mai. Ils permettront d'élaborer la future loi d'orientation de la sécurité intérieure. Prévue pour l'an prochain, elle jettera les bases de la police du futur.

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