Détection de la radicalisation : le syndicat Unité SGP-FO Police réclame "du personnel, du temps et des procédures claires"

Le secrétaire général délégué du syndicat, Grégory Joron, plaide aussi pour davantage de réactivité et de la pédagogie à destination des agents. 

Des policiers devant la préfecture de police de Paris, le 3 octobre 2019, après l\'attaque au couteau qui a fait 4 morts. 
Des policiers devant la préfecture de police de Paris, le 3 octobre 2019, après l'attaque au couteau qui a fait 4 morts.  (DELPHINE GOLDSZTEJN / MAXPPP)

"Il faut surtout qu'on nous donne les moyens, le monde a changé depuis 2015 et on s'aperçoit qu'on a du mal à avoir les outils qui correspondent à la menace existante", a réagi lundi 7 octobre sur franceinfo Grégory Joron, secrétaire général délégué du syndicat Unité SGP-FO Police, alors que le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner veut que "toute alerte fasse l'objet d'un signalement automatique" après l'attaque à la préfecture de police de Paris.

Une mentalité à faire évoluer

Pour ce faire, Grégory Joron réclame "du personnel, du temps et des procédures claires, car il n'y en pas énormément en matière de radicalisation au sein de la fonction publique, ça reste assez flou, il n'y a pas de fiches réflexes".

On a aussi une mentalité à faire évoluer puisque je pense que les agents ont aussi peur de se retrouver dans une position de discriminant, plutôt que dans une position de lanceur d'alerteGrégory Joronà franceinfo

"C'est un peu de pédagogie à faire avec les agents, mais ça va demander un peu de temps forcément", a poursuivi le syndicaliste, qui plaide pour davantage de réactivité dans la détection les faits de radicalisation.

"Aujourd'hui, on a une réunion trimestrielle entre des agents de la DGSI, de la sous-direction de l'antiterrorisme, qui étudient ces cas de radicalisation qui leur sont remontés. Est-ce que c'est suffisant ? Est-ce qu'il ne faut pas mettre plus de commissions et de personnels formés qui se réuniraient plus souvent pour étudier ces cas-là de manière plus réactive ? Ce sont des questions qu'on devra se poser", a estimé Grégory Joron.