Nantes : retour sur un après-midi d'affrontements

Des affrontements ont éclaté de samedi entre manifestants et forces de l'ordre à Nantes, en marge d'une manifestation en hommage à Rémi Fraisse. Le calme est revenu. Six personnes ont été blessées. Des échauffourées ont également eu lieu à Toulouse, et Dijon.

(Des affrontements ont éclaté entre 200 manifestants et les forces de l'ordre à Nantes © Maxppp)

Résumé :  A Nantes et à Toulouse, les rassemblements en hommage à Rémi Fraisse, placés sous haute surveillance ont dégénéré. Dans le centre de Nantes, les affrontements ont éclaté vers 15h30 et se sont terminés vers 20h. Quatre manifestants et deux policiers ont été blessés. 21 personnes ont été interpellées à Nantes, et 13 à Toulouse. Manuel Valls condamne des "déchaînements de violence délibérée" et Bernard Cazeneuve "des exactions" et "des débordements inacceptables".


20h45 : Lors d'une allocution, Bernard Cazeneuve "appelle au calme " pour les manifestations à venir. Le ministre de l'Intérieur annonce que 21 personnes ont été interpellées à Nantes et 13 à Toulouse. Il a jugé que les groupes à l'origine de ces affrontements n'étaient pas des "manifestants ", mais des "casseurs ". Bernard Cazeneuve a affirmé que "tous ceux qui sont à l'origine " de ces débordements "pourront être rattrapés par ces actes ".

20h30 : Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a réagi dans un tweet en début de soirée: "Je condamne avec la plus grande sévérité les actes de violence commis délibérément à Nantes et Toulouse. Aucune cause ne peut les justifier ".

20h08 :  Invité du 20h de TF1, Bernard Cazeneuve condamne "des exactions " et des "débordements inacceptables ".

"Ce soir, je veux appeler chacun au calme" (Bernard Cazeneuve)

20h : la situation semble se calmer à Nantes. Selon notre reporter sur place, "les rues sont rouvertes à la circulation " et les Nantais "qui avaient déserté le centre-ville sont de retour ".

19h45 : Des échauffourées se déroulent également à Toulouse et Dijon oùdes vitrines ont été cassées au marteau et de nombreux tags ont été inscrits sur les façades du centre-ville.

19h35 : Le collectif des opposants au barrage de Sivens se désolidarise des manifestants "violents ". Le porte-parole des opposants Ben Lefetey condamne les casseurs des groupes "venus pour en découdre ".

19h30 : François de Rugy, député d'Europe-Ecologie Les Verts (EELV) de Loire-Atlantique et co-président du groupe écologiste à l'Assemblée nationale dénonce l'amalgame. Non, cette manifestation n'avait rien d'écolo. EELV se désolidarise de cet appel à manifester. "Ceux qui commettent ces dégradations salissent la mémoire de Rémi Fraisse ", estimant, "nous sommes face à une montée de violence qui demandent des moyens et des méthodes nouvelles ".

"Nous sommes face à une montée de violence qui demandent des moyens et des méthodes nouvelles" (François de Rugy, député EELV)
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19h10 : Sur France Info, Marie-Françoise Clergeau, députée socialiste de Loire-Atlantique, estime que ce qui se passe à Nantes est "très grave ". Les "règles de manifestation " n'ont pas été respectées selon elle.

19h : La maire de Nantes, Johanna Rolland, confirme sur France Info que les affrontements se poursuivent. "Cette situation est inacceptable ", a-t-elle estimé, "ce n'est pas un hommage (à Rémi Fraisse ndlr) mais une provocation ". Les casseurs sont venus "dans l'unique intention de vandaliser, de terroriser et d'affronter les forces de l'ordre ".

Heurts à Nantes : "Il est temps que la démocratie reprenne ses droits" (Johanna Rolland, maire de Nantes)
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18h56 : Manuel Valls, le Premier ministre, condamne "avec fermeté les déchaînements de violence délibérée ". Dans un communiqué, le Premier ministre cite notamment "des actes graves de dégradations de biens publics et privés, des incendies volontaires et des jets de projectiles dangereux ".

18h16 : Sur France Info, le préfet de Loire-Atlantique, indique que 16 personnes ont été interpellées. Il explique que "200 à 300" personnes "cherchent l'affrontement avec les forces de l'ordre au point de jeter des bouteilles remplies d'acide ".

Ces jeunes "cherchent l'affrontement au point de jeter des bouteilles remplies d'acide" (Henri-Michel Comet, le préfet de Loire-Atlantique)
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18h04 :  Jean-Marc Ayrault, ex-Premier ministre et ancien maire de Nantes condamne sur Twitter "avec la plus grande fermeté les violences délibérées des groupes radicaux qui n'ont qu'un adversaire, la démocratie ".

17h30 :  A Toulouse, 500 personnes se sont rassemblées. Il y a eu quelques affrontements et un abris de bus cassé. Quand les manifestants ont quitté la place du Capitole, les gendarmes les ont "empêché de sortir ", selon notre reporter Frédéric Bourgade, "il y a eu des jets d'oeufs, de pierres et de bouteilles ". Les gendarmes ont répondu en lançant des bombes lacrymogènes. 

"Police partout, justice nulle part ", ont scandé les manifestants en partant par une petite route vers le palais de justice. Les CRS les attendaient et il y a eu des affrontements. Un abri bus et la vitrine d'un commerce ont été détruits par les manifestants masqués.

17h :  Au moins cinq personnes ont été blessées, selon l'AFP. Trois manifestants ont été atteints aux jambes l'un par un coup de matraque, et deux par des éclats de grenades de désencerclement, selon les journalistes de l'AFP sur place. Deux membres de forces de l'ordre ont été légèrement blessés selon la préfecture.

16h30 : La tension monte, et les affrontements sont de plus en plus violents.

16h :  Selon France Bleu Loire Océan, il y a quelques tensions Cours des 50 otages où les manifestants ont jeté des bouteilles et des projectiles sur les policiers.Le syndicat Alliance estime que ce n'est pas une manifestation, mais "une guerilla urbaine ", il y a "presque la guerre ".

15h30 :  Selon notre reporter sur place, un face à face entre les manifestants et les forces de l'ordre a eu lieu au début du rassemblement. "Des pétards et des oeufs ont été lancés vers les CRS ", raconte Sébastien Baer, "les CRS ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes ". Un manifestant a même témoigné avoir été touché par une "grenade de désencerclement ". 

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14h : les manifestants commencent à se rassembler. Le préfet de Loire-Atlantique, Henri-Michel Comet, avait appelé "au respect de la paix publique ", et avait annoncé le déploiement d'un dispositif de sécurité. Des manifestations en mémoire de Rémi Fraisse avaient déjà dégénéré à Albi lundi, et à Paris mercredi