Affaire Chevaline : une personne en garde à vue pour des vérifications d'emploi du temps plus de neuf ans après le quadruple meurtre

Quatre personnes avaient été retrouvées abattues sur une route forestière près du village alpin, le 5 septembre 2012.

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Radio France
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Un bouquet de rose déposé sur une route forestière où quatre personnes ont été tuées  le 5 septembre 2012 à Chevaline en Haute-Savoie. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Une personne est en garde à vue pour des vérifications d'emploi du temps dans l'affaire dite de la "tuerie de Chevaline", plus de neuf ans après que quatre personnes ont été froidement abattues sur une route forestière le 5 septembre 2012 à Chevaline en Haute-Savoie, a indiqué le parquet d'Annecy mercredi 12 janvier. Ces vérifications portent sur le jour des faits mais aussi les jours d'avant et d'après. Des perquisitions sont en cours au domicile de cette personne, a appris franceinfo auprès de sources de gendarmerie.

"Une personne a été placée en garde à vue le 12 janvier 2022 à 8h05 par la section de recherche de Chambéry dans le cadre de l'assassinat de la famille Al Hilli et de Sylvain Mollier", détaille la procureure de la République d'Annecy Line Bonnet, avant de préciser qu'elle communiquera de nouveau "à l'issue" de la garde à vue et de rappeler que "la procédure est couverte par le secret de l'instruction".

Trois touristes et un cycliste abattus

Le 5 septembre 2012, trois touristes, un Britannique d'origine irakienne de 50 ans, Saad al-Hilli, sa femme et sa belle-mère avaient été retrouvés morts, avec plusieurs balles dans la tête, dans leur voiture sur une route de campagne près de Chevaline, non loin du lac d'Annecy. Une fillette du couple avait été grièvement blessée, tandis que sa petite soeur était retrouvée indemne, recroquevillée sous les jambes de sa mère. Âgées 4 et 7 ans à l'époque, elles sont toutes deux rescapées. Un cycliste de la région, Sylvain Mollier, probable victime collatérale, avait également été abattu. 

De nombreuses pistes ont été explorées, comme celle d'un règlement de comptes intrafamilial. Un mystérieux 4X4 et un motard ont été aperçus mais plusieurs garde à vue concernant ce motard n’ont rien donné, tout comme les différentes autres pistes ciblant des collectionneurs d’armes, un ancien légionnaire et même de Nordahl Lelandais

Jusqu’à 100 gendarmes en France et près de quarante policiers au Royaume-Uni ont été mobilisés sur cette affaire. En septembre dernier, une reconstitution a eu lieu à Chevaline en présence de plusieurs témoins. Aujourd’hui cette dernière garde à vue est donc un élément à prendre avec prudence tant les faux coups de théatre ont été nombreux. "Il ne s’agit que de vérifications", précise à franceinfo un gradé de la gendarmerie.

L'avocat du suspect dénonce une erreur judiciaire

Me Basson-Larbi, l'avocat du suspect placé en garde-à-vue, dénonce mercredi à franceinfo une "erreur judiciaire" et affirme que "son client vit un calvaire". L'avocat confirme que son client est bien le motard vu à l’époque près des lieux des crimes, mais souligne qu'il avait déjà été interrogé et mis hors de cause. Me Basson-Larbi précise qu'il a été placé en garde-à-vue pour "assassinat" et "tentative d’assassinat".

Ce nouveau développement intervient alors que la création d'un pôle judiciaire national dédié aux "cold cases", les affaires non élucidées, a été confirmée pour le 1er mars prochain à Nanterre. Il sera composé de trois juges d'instruction, un magistrat du parquet, trois greffiers et deux juristes spécialisés. 

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