Tribunes contre l'antisémitisme : "Le meilleur moyen de lutter contre la stigmatisation des musulmans, c'est qu'eux-mêmes combattent l'islamisme radical"

Le président du Consistoire israélite de France, Joël Mergui, a dit mardi sur franceinfo que "cela fait 10 ou 15 ans que je réclame que les musulmans se mobilisent aussi contre l'antisémitisme".

Le président du Consistoire israélite de France, Joël Mergui, dans le studio de franceinfo, le 24 avril 2018.
Le président du Consistoire israélite de France, Joël Mergui, dans le studio de franceinfo, le 24 avril 2018. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Le président du Consistoire israélite de France, Joël Mergui, se félicite mardi 24 avril sur franceinfo de voir une trentaine d'imams prendre la parole contre l'antisémitisme dans une tribune, publiée dans Le Monde (article payant) . Mais il estime que le manifeste liant "antisémitisme" et "radicalisation islamiste", signée dimanche par 300 personnalités publié dans Le Parisien, "dit des vérités".

"Combattre l'islamisme radical et le terrorisme"

"Cela fait 10 ou 15 ans que je réclame que les musulmans se mobilisent aussi contre l'antisémitisme", explique Joël Mergui, ajoutant avoir lancé il y a quelques semaines un appel "à ce que les imams et les musulmans fassent de grandes manifestations". Selon lui, "le meilleur moyen de lutter contre la stigmatisation des musulmans, c'est qu'eux-mêmes combattent cet islamisme radical et ce terrorisme".

"La dénonciation [de ces actes par le] monde musulman va montrer que tous les musulmans ne sont pas dans le même sac", estime le président du Consistoire israélite de France.

Les actes antisémites sont faits à 90% par des personnes issues du monde musulman ; le terrorisme aujourd’hui, ce sont malheureusement des personnes disant "Allah Akbar" ; si on ne le dit pas, on passe à côté de la réalité.Joël Mergui, le président du Consistoire israélite de Franceà franceinfo

Réfutant l'idée de monter ainsi les communautés les unes contre les autres, Joël Mergui estime qu'il faut éviter d'être "dans le déni". Selon lui, "si l'on donne l'impression que l'islam n'est pas concerné par le nouvel antisémitisme, l'islamisme radical et le terrorisme", alors la parole des imams s'affaiblit.