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Ayrault annonce la dissolution de Troisième Voie et d'autres groupes d'extrême droite

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a annoncé le lancement de la procédure de dissolution de plusieurs groupes d'extrême droite. 

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Au centre, le président des Jeunesses nationalistes révolutionnaires, Serge Ayoub, le 8 mai 2011 à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

"Le gouvernement est déterminé à agir", a rappelé le Premier ministre. Jean-Marc Ayrault a annoncé, mardi 11 juin, le lancement d'une procédure de dissolution de plusieurs groupes d'extrême droite, dont Troisième Voie. Cette mesure intervient près d'une semaine après la mort de Clément Méric dans une bagarre avec des skinheads d'extrême droite. 

Quatre personnes placées en détention provisoire dans le cadre de l'enquête sur la mort du jeune militant antifasciste d'extrême gauche avaient indiqué aux enquêteurs être des sympathisants de ce groupe d'extrême droite, parent des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR). Ces dernières font déjà l'objet d'une procédure de dissolution, lancée samedi.

Quels groupes sont concernés ?

"La même phase contradictoire [que pour les JNR] sera également engagée pour le groupe Troisième Voie et pour tous les groupes, associations et groupements d'extrême droite contraires aux valeurs et aux lois de la République", a annoncé le Premier ministre dans l'hémicycle, sans plus de précisions. 

La référence à des groupes "d'extrême droite" a entraîné des réactions sur les bancs de l'opposition, certains députés évoquant à haute voix les groupes d'extrême gauche. Jean-Marc Ayrault les a, en retour, invités à faire preuve d'"un peu de dignité."

Pour quels motifs ces groupes peuvent-ils être dissous ? 

Pour obtenir ces dissolutions, les autorités devront prouver que les groupes concernés se sont rendus coupables de faits précis, comme une manifestation armée, des menaces contre les institutions, ou une incitation à la haine raciale.

"C'est à l'issue de cette procédure contradictoire, si elle s'avère à conduire à la dissolution, que le président de la République prendra un décret en Conseil des ministres", officialisant la mort des groupes en question, a détaillé Jean-Marc Ayrault. Selon Le Parisien.fr, la dissolution des JNR devrait ainsi être décidée lors du Conseil des ministres du mercredi 26 juin. 

Existe-t-il des précédents visant l'extrême droite ? 

Une telle procédure avait permis de dissoudre Unité radicale en 2002, après la tentative d'assassinat de Jacques Chirac par son sympathisant Maxime Brunerie. Depuis, "beaucoup des militants d'Unité radicale ont laissé tomber leur engagement ou ont, en tout cas, connu une période de latence assez longue", selon le spécialiste de l'extrême droite Jean-Yves Camus. Cependant, cela n’a pas empêché l'un de ses dirigeants, Fabrice Robert, de participer, en 2003, à la création du Bloc identitaire, autre mouvement d'extrême droite. 

Il existe également des précédents à l'extrême gauche : après Mai-68, le gouvernement avait dissous par décret plusieurs groupes. Mais il avait épargné celui d'extrême droite Occident, notamment.

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