Mort d'Angélique : profil du meurtrier, déroulé des faits... Ce qu'il faut retenir de la conférence de presse du procureur

Le magistrat a livré un récit glaçant et détaillé du viol puis du meurtre de la jeune fille.

Thierry Pocquet du Haut-Jussé donne une conférence de presse au tribunal de grande instance de Lille (Nord), le 30 avril 2018. 
Thierry Pocquet du Haut-Jussé donne une conférence de presse au tribunal de grande instance de Lille (Nord), le 30 avril 2018.  (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Le procureur de la République de Lille a livré, lundi 30 avril, le récit glaçant du viol et du meurtre d'Angélique Six, 13 ans, dont le corps a été retrouvé dimanche dans une commune voisine.

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Une information judiciaire va être ouverte pour séquestration, viol et meurtre sur mineure de moins de 15 ans, a annoncé Thierry Pocquet du Haut-Jussé. Voici ce qu'il faut retenir de la conférence de presse du magistrat.  

Le profil du suspect

David Ramault, 45 ans, avait été condamné en 1996 pour "viol avec arme sur une mineure de moins de 15 ans", "attentats à la pudeur aggravés" et "vol avec violence". En détention provisoire depuis 1994, il avait été libéré en 2000. Le suspect respectait "globalement les obligations que [son] inscription [au fichier des délinquants sexuels] entraîne, c'est-à-dire une présentation tous les ans aux services de police et le signalement de ses changements d'adresse", a expliqué le procureur. Il n'était pas soumis à une obligation de soins, a précisé le magistrat.

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David Ramault "connaissait la victime et sa famille", dont il était un voisin. C'est "le témoignage d'un enfant, qui a affirmé avoir vu la victime partir volontairement avec le suspect [qui] a permis de l'identifier". Et c'est la consultation du fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles qui a permis son interpellation.

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Interpellé samedi soir, il a rapidement avoué les faits et a emmené les enquêteurs à l'endroit où il avait abandonné le corps de la jeune fille : un chemin forestier de Quesnoy-sur-Deûle, une ville voisine de Wambrechies, où vivaient le suspect et la victime.

Le déroulé des faits

"Dès le début de son audition", le suspect a "dit vouloir dire toute la vérité", a poursuivi Thierry Pocquet du Haut-Jussé. Le magistrat a cité les propos de David Ramault et livré un récit détaillé et glaçant des faits. Mercredi 25 avril, jour de la disparition d'Angélique Six, le suspect était ainsi en repos, "seul chez lui puisque sa famille est dans le sud de la France et ne pas doit revenir avant le lendemain". David Ramault se rend à Lille le matin. Il achète des pilules contre les troubles de l'érection dans un sex-shop.

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"En rentrant chez lui, il a absorbé deux ou trois de ces pilules et également trois canettes de bières. Il regarde la télévision en début d'après-midi et il s'endort", raconte le procureur de la République de Lille. Le suspect se réveille vers 16 heures, "à ce moment-là, il ne se sent pas bien et il dit qu'il va prendre l'air".

David Ramault passe alors "devant le jardin" où il croise Angélique. "En passant devant ce jardin, il nous a dit qu'il a eu envie d'elle et qu'il a voulu la ramener chez lui", poursuit le magistrat qui cite une déclaration du suspect faite aux enquêteurs :

C'était plus fort que moi, j'étais dans un état second.David Ramaultcité par le procureur de Lille

Le suspect qui connaît la petite Angélique va lui parler et prétexte alors "d'avoir un objet à lui remettre pour ses parents". "Elle le suit sans méfiance", explique le procureur.

Une fois à son domicile, le suspect offre à boire à Angélique, "il lui pose des questions de plus en plus intimes", selon le magistrat. La jeune fille cherche alors à partir. "Il l'en empêche, elle se met alors à crier." David Ramault dit avoir maintenu Angélique Six de force et avoir commencé à la déshabiller. Il s'enferme ensuite avec elle dans les toilettes et "finit de la déshabiller", ajoute Thierry Pocquet du Haut-Jussé. "Elle tente à nouveau de s'enfuir et de se débattre, il lui donne une gifle." Puis le suspect lui impose une "fellation" et "des pénétrations digitales"

"Ensuite, il prend le pantalon de la jeune fille, il lui passe autour du cou et il l'étrangle. Il indique que lorsqu'elle a commencé à se débattre, il a compris qu'il fallait qu'il la tue", rapporte le procureur de Lille, précisant que selon le suspect "l'ensemble de toutes ces violences n'a pas duré plus d'un quart d'heure".

La disparition du corps et sa découverte

Aux enquêteurs, David Ramault a expliqué avoir nettoyé son logement et "les traces de sang" et s'être débarrassé du téléphone de la victime. Il a également révélé avoir placé le corps dans une valise, qu'il a mis dans le coffre de sa voiture. Puis il a assuré avoir roulé pour s'acheter une pelle et s'être arrêté "par hasard" près de l'entrée d'un bois. Ne réussissant pas à creuser un trou, "il finit par la dissimuler dans un fourré et il l'abandonne là", le long de ce chemin forestier de Quesnoy-sur-Deûle, une ville voisine de Wambrechies.

A son retour chez lui, David Ramault écrit une lettre à sa femme et une autre à ses enfants. Il y est question "de troubles et de pulsions, de choses de sa vie qui sont en désordre", selon le procureur. "Il ne décrit pas les faits, mais des références sont assez évidentes", d'après le magistrat. Le meurtrier présumé d'Angélique y exprime aussi "beaucoup de regrets".

Le corps de la jeune victime est finalement découvert dans la nuit de samedi à dimanche 29 avril, vers 1h45. "Le corps de la jeune fille est entièrement dévêtu, le médecin légiste constate un coup sur la tête et des traces de sang". "C'est une vision très douloureuse, croyez-moi", témoigne Thierry Pocquet du Haut-Jussé. Et le procureur d'ajouter : "L'autopsie qui vient d'être achevée a confirmé des traces compatibles avec les abus sexuels reconnus [par David Ramault] et le décès lié à une asphyxie traumatique."