Manifestation de Tchétchènes interdite à Paris : "On voulait juste montrer à la nation que notre communauté est capable de se mobiliser de façon pacifique"

Une manifestation organisée par l’Assemblée des Tchétchènes d'Europe à Paris a été interdite. Son porte-parole Chamil Albakov condamne sur franceinfo les violences à Dijon mais il demande aux autres communautés de contrôler "leurs jeunes".

Des habitants du quartier des Gresilles (Dijon) se sont rassemblés samedi 20 juin pour réclamer la démission du préfet Bernard Schmeltz. Ils pointent notamment du doigt l\'action tardive des services de police lors des violences dans le quartier le week-end dernier.
Des habitants du quartier des Gresilles (Dijon) se sont rassemblés samedi 20 juin pour réclamer la démission du préfet Bernard Schmeltz. Ils pointent notamment du doigt l'action tardive des services de police lors des violences dans le quartier le week-end dernier. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

"On voulait juste montrer à la nation que notre communauté est capable de se mobiliser de façon pacifique, de s'exprimer correctement dans le cadre légal", a affirmé samedi 20 juin sur franceinfo Chamil Albakov, porte-parole de l’Assemblée des Tchétchènes d'Europe, alors qu'une manifestation organisée par l'association à Paris a été interdite par la préfecture de police.

"On n'a pas eu cette occasion, déplore Chamil Albakov. L'association a mené des manifestations à plusieurs reprises ici à Paris. Ça se passait toujours bien, dans le respect des consignes et des règles de sécurité. C'est la première fois qu'on nous refuse une manifestation. Donc, on ne va pas non plus dire qu'on est contre cette décision."

Les violences à Dijon, "un acte de désespoir"

Chamil Albakov assure que son association "condamne les actes" commis à Dijon, où des affrontements ont eu lieu le week-end dernier dans le quartier des Grésilles. Mais il voit dans ces violences "un acte de désespoir de la communauté tchétchène contre la situation qui est en place dans les quartiers dans les différentes villes de France". "On est une communauté qui est assez récente sur le territoire français, rappelle Chamil Albakov. "Au début, on ne savait pas comment ça marche. Quand il y a eu des conflits avec les différents trafiquants qui étaient toujours assez violents, les Tchétchènes ont résisté à ces attaques, à ces agressions", affirme-t-il.

Les trafiquants savent très bien que les Tchétchènes, quand ils sont agressés, ils se défendent.Chamil Albakovà franceinfo

Le porte-parole de l’Assemblée des Tchétchènes d'Europe reconnaît que les communautés ne peuvent pas se faire justice elles-mêmes. Mais il demande que les autres communautés contrôlent "leurs jeunes qui sont en train de terroriser les quartiers de façon quotidienne". Il souligne que les Tchétchènes, "une communauté assez récente", essaient "de se structurer". "On essaye de créer des associations et de guider nos jeunes."

L’Assemblée des Tchétchènes d'Europe demande à être reçue par le maire de Dijon. La manifestation "était une manière de s'exprimer dans le cadre légal", précise Chamil Albakov. Un représentant de l'association était à Dijon "pour parler au maire de la ville", ajoute le porte-parole de l'association. "Le maire ne l'a pas reçu. Il a refusé de le voir."