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Le site de petites annonces Vivastreet visé par une enquête préliminaire pour "proxénétisme aggravé"

Il est accusé de mettre en ligne des annonces proposant des prestations sexuelles rémunérées. L'Office central pour la répression de la traite des êtres humains est chargé de l'enquête.

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France Télévisions
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 (VIVASTREET)

"Julia se déplace", "une belle fille vous accueille", "bombe latino juste en déplacement"... Rien n'est écrit noir sur blanc, mais les annonces sont pour le moins ambiguës. Le site de petites annonces Vivastreet est désormais visé par une enquête préliminaire pour "proxénétisme aggravé", révèle le site 20 Minutes, vendredi 14 avril. "Celle-ci est en cours depuis le 15 février", confirme le parquet de Paris à franceinfo, et a été confiée à l'Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH).

L'association Le Nid dénonce "l'hypocrisie" du site

Les militants en lutte contre la prostitution assistent depuis quelques années à une explosion du phénomène : 62% de la prostitution passe par internet, selon l’association abolitionniste Le Nid, citée par France 3 Nouvelle-Aquitaine. A l'origine d'une plainte déposée le 1er décembre 2016, ce mouvement veut faire fermer le site, dont il dénonce la "grande hypocrisie".

Vivastreet interdit "les annonces illégales, dangereuses ou abusives tels que proposer d'échanger des relations sexuelles contre une rémunération". Mais cette règle est largement contournée par les utilisateurs : il est possible d'accéder à une zone de "services adultes", la seule du site où les annonces sont facturées (80 euros par mois et par publication). Pour améliorer l'exposition, il faut encore ajouter des options payantes. Ainsi, les escorts paient en moyenne 220 euros par mois, selon les informations du Monde.

Les annonces sont modérées, répond Vivastreet

Comme l'avait révélé france info, en novembre dernier, ces petites annonces posent également le problème de la protection des mineures. Ainsi, les parents d'une jeune fille de 14 ans avaient porté une plainte contre le site. L'adolescente leur avait raconté avoir posté une annonce, où elle se présentait comme une "masseuse de 20 ans qui se déplace".

Interrogée par 20 Minutes, l'avocate de Vivastreet évoque un système de "modération automatique des annonces" et la présence d'une "équipe spécialisée" pour vérifier la conformité des annonces mises en ligne. Anne Alcaraz dément donc toute volonté de Vivastreet d'encourager la prostitution : "Si [le fondateur du site] Yannick Pons était convoqué par la justice, il se rendrait évidemment à cette convocation."

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