INFO FRANCE 2. Les raisons de la garde à vue du directeur de la police judiciaire parisienne, Bernard Petit

Bernard Petit est entendu dans le cadre d'une affaire de violation du secret de l’instruction en lien avec l'affaire Christophe Rocancourt, surnommé l'"escroc des stars".

Le directeur de la police judiciaire parisienne, Bernard Petit, le 23 juin 2012 au tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis).
Le directeur de la police judiciaire parisienne, Bernard Petit, le 23 juin 2012 au tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis). (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Bernard Petit, le directeur de la police judiciaire parisienne, est en garde à vue depuis mercredi 4 février au matin, tout comme son adjoint et deux autres policiers. Le bureau de ce haut fonctionnaire de 59 ans, en poste depuis décembre 2013, a été perquisitionné.

Selon les informations de France 2, cette garde à vue est liée à une violation du secret de l'instruction dans l'affaire Rocancourt. Bernard Petit est suspecté d'avoir, par l'intermédiaire d'un policier, prévenu à l'automne dernier Christian Prouteau qu'il allait être placé en garde à vue. L'ancien patron du GIGN avait effectivement été interpellé et placé en garde à vue le 8 octobre 2014 avec Christophe Rocancourt, surnommé "l'escroc des stars", dans une affaire de trafic d'influence et blanchiment d'argent.

Rocancourt, "l'escroc des stars"

Christophe Rocancourt s'était fait passer dans les années 1990 pour l'héritier du milliardaire américain Rockefeller, arnaquant ainsi des stars d'Hollywood. Après cinq ans de prison aux Etats-Unis, il était revenu en France. "En février 2012, il avait été condamné en France à 16 mois de prison, dont huit mois ferme, et 578 000 euros de dommages et intérêts pour abus de faiblesse au préjudice de la réalisatrice Catherine Breillat, à qui il avait extorqué plus de 700 000 euros", souligne  Le Parisien.

Il avait fait reparler de lui en octobre 2014 lors d'une garde à vue pour des faits d'escroquerie présumée. L'ex-super gendarme Christian Prouteau avait également été interpellé par la police judiciaire de Paris pour cette affaire financière de "trafic d’influence et blanchiment", explique Libération.

Au total, quatre gardes à vue

Parmi les quatre personnes placées en garde à vue dans les locaux de l'IGPN (la police des polices) figurent, outre le patron de la PJ, son chef de cabinet, Richard Atlan, mais aussi Joaquin Masanet, responsable syndical policier en retraite proche de la gauche, actuellement président de l'Association nationale d'action sociale (Anas) des personnels de la place Beauvau, et un autre membre de l'Anas, détaché de la police nationale.

"Les quatre gardés à vue sont soupçonnés d'avoir donné des informations de première main à Christian Prouteau avant sa garde à vue, et pas seulement la date de son interpellation", a expliqué une source proche du dossier. Des perquisitions ont été menées mardi au siège de l'Anas et mercredi au 36 quai des Orfèvres, mythique adresse de la PJ parisienne.

Un "grand professionnel"

Selon Le Figaro, Bernard Petit est un "fonctionnaire chevronné" qui a "gravi tous les échelons de la grande maison", passant notamment par l'Office central de lutte contre les trafics illicites de stupéfiants.

Il avait remplacé en décembre 2013 à la direction de la police judiciaire Christian Flaesch, démis par Manuel Valls pour une "faute déontologique". L'entourage du ministère de l'Intérieur qualifiait alors Bernard Petit de "grand professionnel" à la "carrière brillante".