"Le conducteur était parfaitement conscient" que sa manœuvre "attentait à la vie" du maire de Signes affirme l'avocat de la famille de Jean-Mathieu Michel

L'avocat imagine que le suspect a agi sur "un coup de tête, de sang, de folie".

Jean-Mathieu Michel est mort ecrasé par une camionnette lundi 5 août. Le conducteur et son passager effectuaient une decharge sauvage de gravas. 
Jean-Mathieu Michel est mort ecrasé par une camionnette lundi 5 août. Le conducteur et son passager effectuaient une decharge sauvage de gravas.  (DOMINIQUE LERICHE / MAXPPP)

Le maire de Signes (Var), Jean-Mathieu Michel, est mort lundi 5 août renversé par le fourgon de deux employés de travaux publics après les avoir obligés à récupérer les gravats qu'ils venaient de déverser illégalement sur un terrain privé de la commune. Mis en examen pour "homicide involontaire", le conducteur du fourgon a été libéré sous contrôle judiciaire mercredi à la mi-journée, a appris franceinfo auprès du parquet de Toulon. 

Jean-Claude Guidicelli, l'avocat de la famille du maire compte se constituer partie civile pour les enfants de Jean-Mathieu Michel. Selon lui, le conducteur du fourgon "est parfaitement conscient" au moment des faits que sa manœuvre "ne va non pas mettre en danger la vie d'autrui, mais attenter à la vie de monsieur le maire", a-t-il réagi auprès de franceinfo, juste avant que l'on apprenne la libération sous contrôle judiciaire du suspect.

Dans un premier temps, le conducteur a été "surpris en train de commettre une infraction", a expliqué l'avocat de la famille de la victime. Le maire est intervenu pour lui demander de ramasser les gravats avant de lui intimer "de rester sur place le temps d'appeler la police municipale pour que cette dernière vienne le verbaliser". Afin d'obliger le conducteur à obtempérer, le maire de Signes a garé sa voiture à l'avant du fourgon et s'est lui-même positionné à l'arrière du fourgon pour empêcher le conducteur de faire une marche arrière.

A cet instant, "chacun peut imaginer cet espèce de chaudron émotionnel dans lequel se retrouve le conducteur, explique Jean-Claude Guidicelli. Il est prisonnier de son propre piège, dans son véhicule, et ne veut pas se faire verbaliser." L'avocat imagine donc que le suspect a agi sur "un coup de tête, de sang, de folie." "Ça se passe en une seconde", a-t-il expliqué, évoquant un acte "brutal et soudain"

Le conducteur était parfaitement conscient que son véhicule était repéré. Les plaques minéralogiques avaient été relevées. Pourquoi s'enfuit-il dans ces conditions ? Il perd complètement la tête !Jean-Claude Guidicelli

Pour l'avocat de la famille de l'élu, le conducteur a effectué "cette manœuvre  meurtrière en étant conscient que monsieur le maire était encore à l'arrière puisqu'il était en train de bloquer le véhicule". Ainsi, d'après Jean-Claude Guidicelli, le suspect était également conscient "qu'en reculant, en effectuant nerveusement cette marche arrière, il ne va non pas mettre en danger la vie d'autrui mais attenter à la vie de monsieur le maire." 

La piste accidentelle privilégiée par les enquêteurs

Cependant, les enquêteurs s'orientent vers une piste accidentelle. Visé par une information judiciaire ouverte pour "homicide involontaire", le conducteur du fourgon a été mis en examen et libéré mercredi sous contrôle judiciaire. "L'audition des témoins et des mis en cause laisse penser au caractère involontaire de l'homicide", avait indiqué le parquet mardi. Le passager du fourgon, placé en garde à vue en même temps que le conducteur, avait été relâché la veille.